CHOQEK'IRAW ou CHOQUEQUIRAO

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Site majeur de la culture inca, Choqek'iraw ou Choque Quirao (le « berceau de l'or », en langue quechua) est localisé dans la cordillère de Vilcabamba, au Pérou, à 160 kilomètres au nord de la ville de Cuzco. Dispersés sur les crêtes et les versants abrupts de la colline éponyme, à 3 200 mètres d'altitude, Choqek'iraw recèle de nombreux vestiges architecturaux : terrasses, plate-formes, places cérémonielles, temples, entrepôts, fontaines ou canaux, reliés par d'interminables escaliers et par tout un réseau de chemins.

Dès le xvie siècle, Choqek'iraw est mentionné, dans plusieurs ouvrages, comme l'une des premières terres concédées par le conquérant espagnol Francisco Pizarro à son frère, Hernando. Au xviie siècle, il est considéré comme le dernier bastion de la résistance inca face aux Espagnols et au xixe siècle, il fait l'admiration de plusieurs scientifiques, dont les Français Eugène de Sartiges et Léonce Angrand, vice-consul de France à Lima, qui dessine les plans de la ville. Les premières fouilles y sont effectuées en 1911, par l'archéologue américain Hiram Bingham, juste avant sa découverte de Machu Picchu. Aujourd'hui, Choqek'iraw est inscrit sur la liste des sites nationaux de l'Institut national de la culture du Pérou. Depuis 1993, une institution locale, Copesco, en restaure les principaux monuments grâce, notamment, à un accord de coopération franco-péruvien signé en 2003.

À l'instar de l'ancienne capitale des Incas, Cuzco, Choqek'iraw est organisé en deux moitiés : du haut, hanan et du bas, hurin. La partie du haut abrite divers édifices à l'architecture soignée, liés au culte, tels que des temples et des fontaines, regroupés autour d'une place, ainsi que des terrasses et des greniers. La partie du bas réunit plusieurs grands bâtiments, dont deux maisons à deux étages, organisés autour d'une vaste esplanade. D'imposantes bâtisses, munies de portes, de fenêtres et de niches de forme trapézoïdale y faisaient vraisemblablement office de temple ou de hall de réunion lors des fêtes. Ces constructions ne comportent généralement qu'une ou deux pièces, de plan rectangulaire, et à un seul niveau. Les murs, faits de pierres à joint vif ou d'un assemblage de pierres parfaitement appareillées, unies par un mortier d'argile, suivent le tracé des courbes de niveaux.

Plusieurs autres bâtiments se concentrent autour d'une colline tronquée, considérée comme un ushnu : soit une plate-forme administrative et cérémonielle sur laquelle les seigneurs inca présidaient aux festivités ou offraient des sacrifices aux dieux. Il est probable qu'elle faisait également office d'observatoire astronomique et de lieu de culte pour certaines montagnes environnantes.

D'autres secteurs périphériques abritent des ensembles résidentiels ou artisanaux qui regroupent des chaumières, de plan rectangulaire et circulaire, accessibles à l'aide de ruelles étroites et d'escaliers. D'innombrables terrasses, de dimensions variables, alimentées par tout un réseau de canaux, s'étagent également sur les versants orientaux et occidentaux du site. Certaines servaient probablement à cultiver les denrées, comme le maïs, indispensables à la population ou la coca, la plante sacrée que les seigneurs inca offraient à leurs sujets lors des grandes cérémonies, pour attester leur puissance. D'autres avaient un rôle plutôt rituel.

Les hauts versants occidentaux du site recèlent aussi d'imposantes décorations murales. Il s'agit de 27 mosaïques en pierre, hautes de 1,30 m, disposées sur 19 terrasses, et orientées vers les cimes de deux montagnes sacrées placées à l'ouest. Découvertes en septembre 2004 par l'archéologue Zenobio Valencia lors du débroussaillage de nouveaux secteurs, ce sont les seules mosaïques de ce type connues dans les Andes. Des lignes brisées et des damiers peints en blanc ornent les terrasses supérieures, alors qu'un ensemble de lamas, de tailles et d'attitudes variées, paraît gravir les terrasses inférieures. L'ensemble constitue un grand panneau mural qui n'est visible que de loin. Une série de lamas adultes, accompagnés de leurs petits, en occupent la partie supérieur. Le registre inférieur montre une caravane de vingt-trois lamas, tous différents, accompagnés d'un petit [...]

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Écrit par :

  • : maître de conférences en archéologie andine à l'université de Paris-I

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Pour citer l’article

Patrice LECOQ, « CHOQEK'IRAW ou CHOQUEQUIRAO », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 12 août 2022. URL : https://www.universalis.fr/encyclopedie/choqek-iraw-choquequirao/