CAKE-WALK

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À l'origine, le cake-walk est une danse exécutée par les esclaves du sud des États-Unis. Progressivement, le banjo puis le piano vont accompagner les chants. Le cake-walk se transformera en ragtime.

Dans les plantations du sud des États-Unis, les esclaves disposaient de rares moments de détente. Le dimanche, ils profitaient parfois de l'absence des maîtres pour faire vivre ce qui leur restait de tradition africaine. À l'occasion de ces instants festifs consacrés à la musique, aux chants et à la danse, ils caricaturaient volontiers la gestuelle des Blancs et leurs manières bien européennes de danser. Parfois, les colons conciliants assistaient à ces rendez-vous et récompensaient les meilleurs danseurs par un gâteau, d'où le nom de cake-walk (« marche du gâteau ») donné à ce type de danse syncopée, en forme de marche, de rythme binaire, en 2/4, où la syncope est à l'intérieur du temps.

Il faut noter que, dès la fin du xviiie siècle, certains observateurs appellent « gigue des Nègres » des danses pratiquées par les Blancs, ce qui indique que, malgré l'oppression subie par les esclaves, certains éléments de leur culture commencent alors à pénétrer le monde des colons.

Au début du xixe siècle, les minstrels* blancs vont prolonger à leur façon l'échange intercommunautaire en intégrant à leur tour cette danse dans leurs spectacles humoristiques, les minstrel* shows, où l'esclave n'est pas montré sous son meilleur jour. Ces spectacles contribuent néanmoins à diffuser le genre – on danse le cake-walk dans les comédies musicales américaines de la fin du xixe siècle –, tout comme les concours de danse où des couples noirs rivalisent de souplesse et mettent en valeur leur « sens du rythme ». À partir des années 1890 et jusqu'aux années 1910, le danseur noir Charles L. Johnson (1876-1950) fait connaître un cake-walk plus codifié au sein d'une troupe de vaudeville. Une musique que l'on peut déjà apparenter au ragtime se diffuse alors largement : certaines partitions indiquent en effet ragtime-cake-walk.

Le cake-walk est introduit en Europe à la fin du xixe siècle et connaît un grand succès vers 1900 ; il devient alors une danse de salon. « Le corps est exagérément cambré en arrière, les bras sont tendus en avant avec souplesse ; au cours de la marche, les genoux sont levés aussi haut que possible » (J. Baril). Claude Debussy fait figurer une pièce intitulée Golliwog's Cake-Walk dans sa suite pour piano Children's Corner (1908).

—  Eugène LLEDO

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MUSIQUES AFRO-AMÉRICAINES ou MUSIQUES NOIRES AMÉRICAINES

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en particulier chez les esclaves. Des musiciens noirs animent des fêtes (Thanksgiving Day, Election Day...) et jouent dans des bals pour les Blancs. La « gigue des Nègres » est même fort appréciée. Dans la communauté des esclaves, le dimanche est consacré à la musique et à la danse. Les maîtres y sont caricaturés : c'est le cake-walk des origines […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/musiques-afro-americaines/#i_43765

Pour citer l’article

Eugène LLEDO, « CAKE-WALK », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 19 novembre 2018. URL : http://www.universalis.fr/encyclopedie/cake-walk/