STRAUSS BOTHO (1944- )

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Né en 1944 à Naumburg, Botho Strauss a été critique à la grande revue dramatique allemande Theater heute avant de collaborer comme « dramaturge » aux spectacles de la Schaubühne de Berlin, dirigée par son ami Peter Stein. C'est pour lui qu'il adapta La Cagnotte de Labiche, jouée avec un très grand succès au début des années 1970, et Les Estivants de Gorki, dans sa version cinématographique. Son travail à la Schaubühne l'amène vite à écrire son propre théâtre, qui devient, presque chaque année, l'événement de la scène berlinoise : après l'agitation de la fin des années 1960, on découvre des formes inattendues, un regard nouveau qui décompose les images, le langage d'une époque, d'une société et d'une individualité modernes, en fait apparaître les fissures, les lapsus et les bégaiements pour les recomposer en grandes machines pleines d'amertume et d'humour. C'est un théâtre du décalage, de l'étrangeté, qui s'attaque aux clichés de comportement, aux attitudes imposées, et où les spectateurs allemands peuvent reconnaître les tics, les expressions, les gadgets de la mode la plus instantanée. Bien entendu, au-delà de cette acuité immédiate, le théâtre de Strauss met le doigt sur les blessures les plus profondes des sociétés contemporaines, vues le plus souvent à travers les individus mêmes, les rapports de couples et de groupes. Après les Hypochondres (1971) et Visages connus, sentiments mêlés (1974), la Trilogie du revoir (1976) et Grand et petit (1977), montés aussi en France avec beaucoup de succès, décrivent, dans un jeu de construction assez cinématographique, la rupture, la séparation et leur impossibilité, les vains efforts pour accéder à l'autre. La « farce » Kalldewey (1981) touche à l'extrême actualité sociologique allemande, traitée sur un mode grotesque et délirant. Avec Le Parc (1983), Strauss change de style sinon de genre : il s'agit toujours de rapports de couples et de groupes, mais référés cette fois aux plus anciennes mytho [...]

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Écrit par :

  • : ancien élève de l'École normale supérieure, agrégé d'allemand, maître de conférences de littérature allemande à l'université de Paris-Sorbonne

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ALLEMAND THÉÂTRE

  • Écrit par 
  • Philippe IVERNEL
  •  • 8 423 mots
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Dans le chapitre « Renversement de tendance : le débat autour de la mise en scène »  : […] Depuis 1963, l'art de la « régie » connaît une mutation : il joue davantage sur la distance expérimentale, pouvant inclure au demeurant provocation et agression du public. Peter Zadek, Peter Palitzsch, Rudolf Noelte traitent la scène comme un lieu a priori neutre et, partant de là, prêtant à des manipulations illimitées, donc à une action redoublée sur le spectateur. En 1967, le […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/theatre-allemand/#i_93100

Pour citer l’article

Claude PORCELL, « STRAUSS BOTHO (1944- ) », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 22 juin 2019. URL : http://www.universalis.fr/encyclopedie/botho-strauss/