BERLINGHIERI LES (XIIIe s.)

Carte mentale

Élargissez votre recherche dans Universalis

L'un des traits qui caractérisent l'éclosion de la peinture toscane au xiiie siècle est la diversité des centres qui, puisant aux mêmes sources (héritage roman, apport byzantin surtout), se développent de façon autonome dans des cités pourtant voisines (Lucques et Pise, Sienne et Florence), généralement grâce à des ateliers exploités de père en fils : parmi eux, celui des Berlinghieri à Lucques se caractérise par l'unité stylistique de sa production qui rend spécialement difficile la différenciation des personnalités. Cette production, orientée par les commandes de l'Église, est constituée essentiellement, comme à Pise, par les grands crucifix, peints sur bois ou sur cuir, destinés à être suspendus dans les sanctuaires sous l'arc triomphal de l'abside.

Autour du Crucifix conservé à la pinacothèque de Lucques et signé Berlinghiero Berlinghieri, on peut regrouper un certain nombre d'autres Crucifix (palazzo Venezia, Rome) suivant la même iconographie du Christ vivant, c'est-à-dire aux yeux ouverts, comme l'était, cent ans plus tôt environ (1138), celui de Guglielmo, conservé à Sarzana. À la même époque, Giunta Pisano adopte le type, alors inédit, du Christ mort (Assise, 1241). L'art de Berlinghiero, tel qu'il apparaît dans le Christ de Lucques, est précisément de renouveler l'image traditionnelle par le raffinement du dessin, par une plus grande aisance de la définition formelle : le visage du Christ exprime une recherche de la beauté idéale, sans doute unique dans la peinture toscane du xiiie siècle.

Le fils de Berlinghiero, Bonaventura, a signé et daté en 1235 la Pala de saint François, conservée dans l'église de Pescia ; peinte neuf ans après la mort du saint, elle est la première expression de la dévotion franciscaine, opposant l'austère figure du moine à la fraîcheur narrative des petites scènes peintes, de part et d'autre, sur un fond d'or : le sens des détails et des gestes expressifs, l'équilibre animé des compositions, l'attention aux décors d'architecture et aux vêtements, à la réalité comme à la poésie de la nature en font l'expression la plus délicate d'un art qui ne trouvera pas de prolongements. Les Berlinghieri, en effet, représentent l'aboutissement de la tradition médiévale, non le prélude aux grands renouvellements du xive siècle.

—  Marie-Geneviève de LA COSTE-MESSELIÈRE

Écrit par :

Classification


Autres références

«  BERLINGHIERI LES ( XIII e s.)  » est également traité dans :

ART (Aspects culturels) - L'objet culturel

  • Écrit par 
  • Jean-Louis FERRIER
  •  • 6 281 mots
  •  • 3 médias

Dans le chapitre « Le prétendu réalisme de Giotto »  : […] La difficulté n'est pas moindre dans notre société occidentale, donnée pour tributaire d'un progrès continu qui l'aurait conduite à la maîtrise scientifique et technique actuelle. Aussi convient-il de s'arrêter au cas de Giotto qui est, sans doute, à la fin du Moyen Âge, le premier peintre de la modernité. Alors que les règles sur lesquelles reposait l'art byzantin perdaient de leur empire, l'ac […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/art-aspects-culturels-l-objet-culturel/#i_4102

Pour citer l’article

Marie-Geneviève de LA COSTE-MESSELIÈRE, « BERLINGHIERI LES (XIIIe s.) », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 21 septembre 2019. URL : http://www.universalis.fr/encyclopedie/berlinghieri-les/