BAOULÉ

Carte mentale

Élargissez votre recherche dans Universalis

L'organisation politique

Certains voient dans le système politique baule une organisation à la fois confédérale et monarchique, semblable à celle de l'Ashanti et fondée sur la prééminence du clan walebo Agwa, héritier de la reine Poku et des premiers souverains qui contribuèrent à élargir l'hégémonie baule (Akwa Boni, Kwaku Dye, Kwame Toto notamment). Le royaume aurait ensuite dépéri sous l'effet de dissidences internes (en particulier de la part des Faafwè, constituant une confédération autonome) et de l'essaimage des groupes initiaux. D'autres auteurs limitent la référence à un modèle étatique. Elles incluent également les transformations progressives entre le milieu du xviiie siècle et la fin du xixe et prennent davantage en compte l'hétérogénéité et la variabilité régionale constitutives de l'entité socio-culturelle baule. Certes, les catégories baule relèvent manifestement de l'outillage culturel et politique akan, qui comporte notamment : la désignation des entités politiques (men) et territoriales (, nvlé), leur identification analogique à des éléments d'une armée en campagne, la titulature attachée aux différentes fonctions dans l'entourage des famyen, l'existence marquée de rangs sociaux, l'usage de serments (nda) permettant aux plaideurs de faire appel aux juridictions des chefferies prééminentes. Mais, en dépit de l'hégémonie réelle de quelques chefferies sur certaines régions ou sur certains réseaux d'alliance, l'organisation politique, militaire, diplomati que et – peut-être surtout – administrative du Baule précolonial était difficilement comparable à celle des États akan de l'Est, même si cette organisation tranchait avec l'organisation segmentaire des peuples voisins de l'Ouest forestier.

1 2 3 4 5

pour nos abonnés,
l’article se compose de 6 pages




Écrit par :

  • : directeur de recherche à l'Institut français de recherches pour le développement en coopération, sociologue

Classification


Autres références

«  BAOULÉ  » est également traité dans :

AFRIQUE (Structure et milieu) - Géographie générale

  • Écrit par 
  • Roland POURTIER
  •  • 21 433 mots
  •  • 29 médias

Dans le chapitre « Ethnies, États, nations »  : […] Outre leur appartenance à un groupe linguistique et leur adhésion à une religion, les populations africaines se reconnaissent dans des groupes ethniques, surtout en Afrique noire car, au nord du Sahara, l'adhésion presque exclusive à l'islam et l'ancienneté des identités nationales relèguent au second plan la question ethnique, sauf en ce qui concerne le statut des Berbères par rapport à la majori […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/afrique-structure-et-milieu-geographie-generale/#i_23582

AFRIQUE NOIRE (Arts) - Un foisonnement artistique

  • Écrit par 
  • Louis PERROIS
  •  • 6 825 mots
  •  • 7 médias

Dans le chapitre « Les chefferies Baoulé et Ashanti »  : […] La sculpture, chez les Baoulé, est véritablement perçue comme un art et appréciée en tant que tel. La plupart des objets usuels sont décorés de figures gravées ou sculptées. Les statuettes, parmi les plus belles de l'Afrique noire, sont soit des portraits que l'on garde en tant qu'œuvres d'art, soit des figurines funéraires, les waka sona . Le masque de […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/afrique-noire-arts-un-foisonnement-artistique/#i_23582

BOUAKÉ

  • Écrit par 
  • Pierre VENNETIER
  •  • 433 mots

Ville de la Côte d'Ivoire et capitale de la région de la Vallée du Bandama, Bouaké fut à l'origine un poste militaire fondé en 1898 en pays baoulé, dont les habitants acceptaient mal la colonisation ; la ville comptait 19 000 habitants en 1946, 113 000 en 1969, 333 000 en 1988 et 573 700 en 2005, mais les Baoulé n'y représentent qu'une minorité. L'afflux des ruraux a multiplié les quartiers d'habi […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/bouake/#i_23582

CÔTE D'IVOIRE

  • Écrit par 
  • Richard BANÉGAS, 
  • Jean-Fabien STECK
  •  • 13 468 mots
  •  • 6 médias

Dans le chapitre « L'autochtonie et l'allochtonie au cœur du pouvoir »  : […] Cette ethnogenèse coloniale va, dès les années 1930, s'articuler à une problématique de l'autochtonie et de l'allochtonie qui constituera la matrice de l' « ivoirité » et du nationalisme. Ces phénomènes sont étroitement liés à l'économie de plantation et aux alliances politiques qui se nouèrent sous l'empire colonial. Dans le système de représentation et de classement ethnique de l'État colonial, […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/cote-d-ivoire/#i_23582

MASQUES - Le masque en Afrique

  • Écrit par 
  • Annie DUPUIS
  •  • 4 315 mots
  •  • 5 médias

Dans le chapitre « Agriculteurs du bassin du Niger »  : […] Pour les Bambara, « la société n'a commencé d'exister qu'avec l'agriculture » (D. Zahan). De nombreux masques bambara représentent diverses antilopes, animal associé à l'agriculture, dont la tradition orale dit qu'il fut l'instigateur. À la corne est assimilée la croissance des céréales. Les plus connus de ces masques sont les tyirawaw des Bambara, portés par la société in […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/masques-le-masque-en-afrique/#i_23582

Pour citer l’article

Jean-Pierre CHAUVEAU, « BAOULÉ », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 20 septembre 2019. URL : http://www.universalis.fr/encyclopedie/baoule/