BOUAKÉ

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Ville de la Côte d'Ivoire et capitale de la région de la Vallée du Bandama, Bouaké fut à l'origine un poste militaire fondé en 1898 en pays baoulé, dont les habitants acceptaient mal la colonisation ; la ville comptait 19 000 habitants en 1946, 113 000 en 1969, 333 000 en 1988 et 573 700 en 2005, mais les Baoulé n'y représentent qu'une minorité. L'afflux des ruraux a multiplié les quartiers d'habitation lotis ou spontanés qui entourent l'ancien « quartier européen » situé au nord de la voie ferrée, où se concentrent les administrations et les magasins. Si la population comprend des planteurs, des maraîchers et des commerçants, elle comporte aussi un nombre élevé de salariés de l'industrie. La ville est en effet le siège d'un des plus vieux et plus grands complexes textiles de l'Afrique francophone, l'établissement de Gonfreville (filature, tissage, impression et confection), qui travaille soit du coton ivoirien soit du coton importé.

Bouaké est un carrefour commercial de première importance entre le Mali et le Burkina Faso d'une part, Abidjan et la basse côte d'autre part ; une route goudronnée et une voie ferrée la relient à la capitale. C'est, grâce au transit des noix de cola, du poisson séché, des bovins, un des points forts du commerce dioula. C'est, enfin, une plaque tournante pour des dizaines de milliers de migrants maliens et voltaïques. Son rôle régional n'est pas moindre : d'une part, ses propres besoins alimentaires stimulent la production dans les campagnes environnantes ; d'autre part, elle est le pôle d'attraction de nombreux jeunes ruraux qui viennent y poursuivre leurs études. Toutefois, le conflit et la partition du pays ont brisé son dynamisme. À la suite du soulèvement militaire du 19 septembre 2002 à Abidjan, les rebelles, sous le nom de Forces nouvelles, se replient à Bouaké, qui devient leur bastion, coupant ainsi le pays en deux entités politiques distinctes et rivales. Plusieurs massacres ont lieu dans la ville et ses environs, entraînant la fuite de nombreuses personnes. Les 4 et 5 novembre 2004, la ville subit les raids de l'aviation ivoirienne et des combats opposent les forces terrestres dans les jours qui suivent. C'est à Bouaké, dans le stade municipal, qu'a lieu, le 30 juillet 2007, la cérémonie de la Flamme de la paix pour fêter la paix retrouvée (accords de Ouagadougou du 4 mars 2007) et la réunification du pays.

—  Pierre VENNETIER

Écrit par :

  • : professeur émérite à l'université de Bordeaux-III, directeur de recherche honoraire au C.N.R.S.

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CÔTE D'IVOIRE

  • Écrit par 
  • Richard BANÉGAS, 
  • Jean-Fabien STECK
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Dans le chapitre « Le camp des rebelles »  : […] Qui étaient donc ces rebelles qui tentèrent de s’emparer du pouvoir et qui, ayant échoué à Abidjan, se replièrent sur Bouaké, la deuxième ville du pays ? Le premier groupe à s’afficher au lendemain de l’attaque fut le Mouvement patriotique de Côte d’Ivoire (M.P.C.I.), qui réclamait des garanties en matière de citoyenneté et le départ de Gbagbo. Ce mouvement avait, au début, des porte-parole mili […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/cote-d-ivoire/#i_47427

Pour citer l’article

Pierre VENNETIER, « BOUAKÉ », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 24 avril 2019. URL : http://www.universalis.fr/encyclopedie/bouake/