BOUAKÉ
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Deuxième ville de la Côte d'Ivoire et capitale de la région de la Vallée du Bandama, Bouaké fut à l'origine un poste militaire fondé en 1898 en pays baoulé, dont les habitants acceptaient mal la colonisation. La ville comptait 19 000 habitants en 1946, 333 000 en 1988 et 832 000 en 2021, mais les Baoulé n'y représentent plus qu'une minorité. L'afflux des ruraux a multiplié les quartiers d'habitation lotis ou spontanés qui entourent l'ancien « quartier européen » situé au nord de la voie ferrée, où se concentrent les administrations et les commerces. La ville est le siège d'un des plus vieux et plus grands complexes textiles de l'Afrique francophone, l'établissement de Gonfreville (filature, tissage, impression et confection du coton), mais l’activité a fortement diminué en raison de la concurrence asiatique dans ce secteur.
Bouaké est un carrefour commercial de première importance entre le Mali et le Burkina Faso d'un côté (en raison notamment de sa localisation sur la voie ferrée Abidjan-Ouagadougou), Abidjan et la basse côte de l'autre. C'est, enfin, une plaque tournante pour des dizaines de milliers de migrants maliens et burkinabè. Son rôle régional n'est pas moindre : d'une part, ses propres besoins alimentaires stimulent la production dans les campagnes environnantes ; d'autre part, elle est le pôle d'attraction de nombreux jeunes ruraux qui viennent y poursuivre leurs études. Toutefois, le conflit et la partition du pays ont brisé son dynamisme. À la suite du soulèvement militaire du 19 septembre 2002 à Abidjan, les rebelles, sous le nom de Forces nouvelles, se replient à Bouaké, qui devient leur bastion, coupant ainsi le pays en deux entités politiques distinctes et rivales. Plusieurs massacres ont lieu dans la ville et ses environs, entraînant la fuite de nombreux habitants. En novembre 2004, la ville subit les raids de l'aviation ivoirienne et des combats y opposent les forces terrestres. C'est à Bouaké, dans le stade municipal, qu'a lieu, le 30 juillet 2007, la cérémonie de la Flamme de la paix pour fêter la paix retrouvée (accords de Ouagadougou du 4 mars 2007) et la réunification du pays.
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Écrit par
- Pierre VENNETIER : professeur émérite à l'université de Bordeaux-III, directeur de recherche honoraire au C.N.R.S.
- Encyclopædia Universalis : services rédactionnels de l'Encyclopædia Universalis
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Autres références
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CÔTE D'IVOIRE
- Écrit par Richard BANÉGAS , Encyclopædia Universalis et Jean-Fabien STECK
- 13 573 mots
- 8 médias
Qui étaient donc ces rebelles qui tentèrent de s’emparer du pouvoir et qui, ayant échoué à Abidjan, se replièrent surBouaké, la deuxième ville du pays ? Le premier groupe à s’afficher au lendemain de l’attaque fut le Mouvement patriotique de Côte d’Ivoire (M.P.C.I.), qui réclamait des garanties...
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