AURILLAC

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Aurillac, préfecture du Cantal, compte 28 850 habitants et l'aire urbaine 64 991 habitants (au recensement de 2012).

Auvergne-Rhône-Alpes : carte administrative

Carte : Auvergne-Rhône-Alpes : carte administrative

Carte administrative de la région Auvergne-Rhône-Alpes. 

Crédits : Encyclopædia Universalis France

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La ville s'établit en position de contact entre le massif volcanique du Cantal, au nord, et les plateaux (Châtaigneraie, Xaintrie...) qui le bordent au sud. Un petit bassin (dit « plaine d'Arpajon ») matérialise le contact géologique et morphologique et vaut à Aurillac des relevés de températures systématiquement minorées dans les bulletins météo. La ville commande ainsi l'accès aux grandes vallées (Jordanne, Cère) d'un massif voué à l'élevage bovin et à la production fromagère (fourme, cantal, salers). Au sud s'établissait le domaine de la polyculture, associant cultures céréalières (seigle puis blé) et élevage. Mais on y était moins riche, sur de petites propriétés, que dans les grosses fermes de la montagne. La modernisation et la diversification de l'élevage, ainsi qu'une production fourragère atténuent aujourd'hui ces différences.

Cette ville de contact doit cependant son existence à une fondation monastique et s'établit autour de l'abbaye fondée par saint Géraud à la fin du ixe siècle, malgré l'existence d'un château fort (Saint-Étienne) perché sur une butte du bassin commandant un rétrécissement du cours de la Jordanne. L'abbaye, considérée comme une « mère » intellectuelle de Cluny, est à l'origine d'une création urbaine douée d'une dynamique relativement riche jusqu'à la fin des Temps modernes.

En effet, jusqu'à la Révolution, Aurillac est le centre économique du système cantalien pris globalement (ville de marché, centre de foires et place commerçante). Mais surtout, autour de la fonction religieuse, s'organise une vie culturelle animée, marquée aussi bien par des épisodes sanglants lors de la Réforme que par l'importance de ses académies et sociétés savantes. De plus, la bourgeoisie commerçante se lance dans l'activité artisanale (tissage, papeterie, voire édition, chaudronnerie, travail du cuir, etc.), toutes activités nées de l'abondance, de la régularité et de la pureté des eaux de la Jordanne. Des colporteurs écoulent les produits dans la France entière, contribuant à fonder une tradition d'émigration cantalienne qui affecte aussi les campagnes environnantes. Et pourtant, Aurillac a du mal à s'imposer comme préfecture. Saint-Flour, de l'autre côté du massif sur le flanc est, lui dispute la primauté ; et la fonction préfectorale, pour un temps, s'installe même en alternance. Car Saint-Flour, plus petite mais tout aussi dynamique et plus proche de la Basse-Auvergne (correspondant au Puy-de-Dôme actuel), abrite le siège de l'évêché et dispose de l'appui d'une diaspora tout aussi influente.

Aujourd'hui, la ville a gardé son rôle de place centrale sur les espaces d'antan (commerce, services, rôle éducatif et hospitalier), marqué par un bon niveau de l'offre, obligatoire pour la desserte des populations locales, en raison de son enclavement relatif aussi bien ferroviaire que routier, et bien plus marqué qu'autrefois, au temps des transports lents. Toutefois, ce handicap lui permet de résister aux pressions métropolitaines de Clermont-Ferrand comme de Toulouse. À l'inverse, Saint-Flour lui échappe toujours, se tournant de plus en plus vers Clermont, située à une heure d'autoroute. L'activité industrielle elle-même résiste bien (et ceci dans tout le bassin) en raison d'une tradition d'innovation des décideurs locaux : relance du parapluie et reconversion vers le parasol et les produits de jardin ou de piscine, passage du travail du bois à l'activité de cuisiniste, forte présence des industries agroalimentaires et développement de quelques secteurs de pointe (notamment la recherche-développement au sein du Pôle fromager A.O.P. Massif central). Aurillac s'oriente aussi vers le tourisme et la culture : la ville est une porte d'entrée du Parc naturel régional des Volcans d'Auvergne et s'est positionnée au plan national dans l'activité festive, avec le festival du théâtre de rue.

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Écrit par :

  • : professeur des Universités, université Blaise-Pascal, Clermont-Ferrand

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Pour citer l’article

Christian JAMOT, « AURILLAC », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 01 décembre 2021. URL : https://www.universalis.fr/encyclopedie/aurillac/