AULNAIES

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Aulnaies des grandes vallées alluviales ou tourbeuses

L'aulnaie-peupleraie, groupement en expansion

Elle accompagne les plantations de peupliers établies sur les fonds plats, alluviaux ou plus souvent tourbeux, des grandes vallées, et parfois, plus localement, de vallons secondaires comme ceux du bois de Meudon près de Paris. On l'observe dans toute la plaine française, notamment dans le Bassin parisien.

Aulnaies : principaux types d'aulnaies du Bassin parisien

Dessin : Aulnaies : principaux types d'aulnaies du Bassin parisien

Principaux types d'aulnaies du Bassin parisien (si la vallée est alluviale, l'aulnaie turficole est parfois remplacée par l'aulnaie à Ulmus levis). 

Crédits : Encyclopædia Universalis France

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Il s'agit d'une forêt anthropique, c'est-à-dire établie à la suite de l'action humaine, bien que la plupart des espèces qui y croissent soient spontanées. À l'origine, un marécage généralement peu ou pas boisé est peuplé d'une végétation où prédominent les hélophytes, c'est-à-dire les hautes plantes herbacées à rhizomes, fixés dans la vase ; roseaux divers, reines-des-prés, etc. L'homme y plante des peupliers, ce qui nécessite généralement un drainage. En même temps que ces peupliers grandissent, ils modifient progressivement l'intensité lumineuse qui parvient au sol, et permettent ainsi l'installation des plantes de l'aulnaie-peupleraie moins exigeantes en lumière : le peuplement héliophile s'est transformé en un peuplement forestier.

La strate arborescente est dominée par les alignements de peupliers, hybrides stériles de Populus nigra, indigène, avec des peupliers américains (P. deltoides, etc.). En sous-étage se sont introduits des arbres de seconde grandeur : l'aulne glutineux est accompagné de peupliers indigènes (P. nigra, P. tremula), du frêne et parfois de quelques grands saules (Salix alba). L'ensemble forme une forêt d'abord assez claire et irrégulière, dense à la fin de son évolution (peupleraie âgée).

La strate arbustive, dense, comporte des saules (Salix cinerea, S. fragilis) déjà présents dans le marais initial, des coudriers, aubépines, prunelliers, etc., très souvent revêtus de nombreuses lianes (houblon, douce-amère, liseron des haies...) formant par endroits des fourrés inextricables qui éliminent les plantes herbacées.

La strate herbacée présente, surtout dans les trouées relativement bien éclairées, une abondance de hautes herbes à tiges dressées. Les unes existaient dans le marais non boisé : ce sont des relictuelles (Arundo phragmites ou roseau commun ; baldingère : Phalaris arundinacea, grands Carex...). D'autres sont des pionnières de la forêt (angélique, Stachys silvaticus...). Beaucoup sont des plantes de milieux riches en azote, fréquentes dans tous les milieux modifiés par l'homme (alliaire, Crisium oleraceum, eupatoire, grande consoude, ortie dioïque...), parfois exotiques (grands asters et Impatiens fulva en particulier).

La plus grande partie de ces plantes a été amenée involontairement par l'homme, au cours des travaux de plantation et d'entretien, ainsi que par les animaux. Ainsi, le gui est plus fréquent en lisière et au sommet des peupliers.

Le nettoyage des peupleraies (coupe du sous-étage) ou l'exploitation totale, permet aux grandes herbes de reprendre vigueur. On parle alors d'un stade régressif, marqué notamment par de hautes plantes épineuses : cardères, Cirsium palustre... ; de nouvelles plantations reconstitueront alors l'aulnaie-peupleraie.

Si le sous-étage forestier est respecté, le dessèchement du sol s'accentue, et la végétation forestière devenue très dense se rapproche de celle de l'ormaie rudérale fraîche, puis de la chênaie-charmaie. À ce moment, les grandes plantes herbacées et les lianes ont totalement disparu.

Il y a là un exemple typique de l'évolution d'un peuplement herbacé vers un peuplement forestier dense : une telle évolution est dite progressive ; naturellement très lente, elle est ici accélérée par l'homme.

Aulnaies spontanées des grandes vallées

Deux groupements forestiers naturels (non anthropiques) peuvent être observés, d'ailleurs assez rarement, dans des conditions comparables à celles de l'aulnaie-peupleraie :

– Sur tourbe très mouillée, non ou peu acide (pH≥6), le taillis tourbeux (aulnaie turficole) : vallées de la Somme, de la basse Seine, etc. Il est formé d'un taillis bas et dense d'aulne glutineux, de nombreux saules (Salix triandra, S. cinerea...), de bourdaine, etc., riche en lianes et arbustes fruitiers disséminés par les oiseaux (groseillier, cassis) ; sa strate herbacée comporte de nombreuses fougères, notamment l'osmonde, Polystichum thelypteris (espèce ca [...]

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Marcel BOURNÉRIAS, « AULNAIES », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 18 janvier 2022. URL : https://www.universalis.fr/encyclopedie/aulnaies/