QUINN ANTHONY (1915-2001)

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Bâti en colosse, Anthony Quinn a, pendant vingt ans, occupé des arrière-plans et meublé de courtes scènes dans des rôles stéréotypés de gangster impitoyable, d'Indien féroce et d'indigène brutal. Toutefois, quelque fugace que fût alors sa présence à l'écran, aucun spectateur ne pouvait l'ignorer. En raison de son physique, certes, mais aussi, et surtout, de son jeu. Se mouvant de manière féline ou, à l'inverse, battant violemment l'air de ses bras, il avait une manière unique de faire le vide autour de lui et d'accaparer l'attention. L'incroyable énergie vitale qui l'habitait avait la conséquence fâcheuse de le pousser au cabotinage. Mais quelle source de création elle constituait quand elle était maîtrisée ! Elle dotait alors d'une brutalité animale ses personnages de basse extraction, souvent des paysans frustes, trouvant dans la violence un exutoire à leurs frustrations. Pareillement, elle conférait aux hommes de pouvoir qu'il incarnait aussi, cette fois dans un registre plus introverti, une puissance indiscutable. Il s'agissait bien là des deux facettes d'un même caractère – individu viril, aux racines telluriennes, amoureux des plaisirs de l'existence et entendant jouir de la vie, dont Alexis Zorba reste la figure emblématique.

Anthony Rudolph Oaxaca Quinn est né à Chihuahua, au Mexique, le 21 avril 1915 (ou 1916), d'une mère mexicaine et d'un père américain d'origine irlandaise. Après la mort de ce dernier, sa famille s'installe à Los Angeles où le jeune Anthony connaît une piètre scolarité. Bientôt, afin d'assurer sa subsistance, il fait divers métiers : cimentier, plongeur, boxeur, cueilleur de fruits, chauffeur de taxi. Portier dans une école d'art dramatique, il parvient à se faire donner un rôle dans une de ses productions. En 1936, il fait ses débuts sur scène dans Clean Beds et au cinéma dans Parole ! de Lew Landers, que suit The Plainsman (Une Aventure de Buffalo Bill, 1937) de Cecil B. De Mille dont il épouse en 1938 la fille adoptive, Katherine, elle-même comédienne.

Cependant, son beau-père – pour lequel il assurera, sous la supervision de celui-ci, [...]


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Écrit par :

  • : critique et historien de cinéma, professeur d'histoire du cinéma

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LAWRENCE D'ARABIE, film de David Lean

  • Écrit par 
  • Michel CHION
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Dans le chapitre « Une œuvre sévère aux proportions gigantesques »  : […] Lawrence d'Arabie ( Lawrence of Arabia ) est avec Le Docteur Jivago ( Doctor Zhivago , 1965), la plus grande réussite visuelle de David Lean. Il faut bien sûr accepter la convention d'un Anthony Quinn en chef arabe et d'un Alec Guinness en roi Faysal I er . Le film adopte aussi le classique et agaçant schéma du film colonialiste, où un Européen en remontre à des « indigènes » sur le plan de l'e […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/lawrence-d-arabie/#i_32135

Pour citer l’article

Alain GAREL, « QUINN ANTHONY - (1915-2001) », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 01 décembre 2019. URL : http://www.universalis.fr/encyclopedie/anthony-quinn/