DORIA ANDREA (1466-1560)

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Né à Oneglia, Andrea Doria mène longtemps une vie de condottiere, au service d'Innocent VIII, du duc d'Urbino, de Ferdinand Ier de Naples, de Giovanni della Rovere, avant de passer en Corse pour y mater une insurrection. À partir de 1512, il lutte aux côtés des Fregoso contre les Français, maîtres de Gênes, puis, après la bataille de Marignan, il change de camp et devient amiral de la flotte génoise. Lorsque en 1522 les impériaux occupent Gênes, il passe à la solde de François Ier puis de Clément VII, et, à la faveur de la ligue de Cognac, parvient à reprendre la ville aux Espagnols. Il pousse le nouveau gouverneur à préparer une réforme du gouvernement communal. Mais, en 1528, attiré par les propositions de Charles Quint et las des oppositions qu'il rencontre à la cour de France, il passe au service des impériaux dont il obtient qu'ils respectent l'indépendance de Gênes. Le 13 septembre 1528, il est accueilli par les Génois comme le sauveur de leur liberté. Il mène à bien la réforme constitutionnelle qui confère tous les pouvoirs aux membres des vingt-huit alberghi, inscrits au Liber civitatis, et, avec le titre de syndic perpétuel, il exerce une véritable dictature que ne parviennent pas à ébranler les révoltes des Fieschi en 1547 et de Giulio Cybo en 1548. Au service de Charles Quint, il déploie une intense activité militaire contre les Turcs (Alger, Tunis) et contre la France. Il chasse de Corse les Français qui ont provoqué le soulèvement de l'île. Fort de ces succès, il refuse l'établissement d'une garnison espagnole à Gênes et modifie la Constitution de 1528 dans un sens très conservateur.

Il a lié à l'Espagne le sort de sa patrie, tout en préservant l'indépendance, et donné ses assises à une république aristocratique, qui se maintient jusqu'à l'arrivée de Bonaparte en Italie.

—  Michel BALARD

Écrit par :

  • : maître assistant à la faculté des lettres et sciences humaines de Paris

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Dans le chapitre « Crises et transitions (XIVe-XVe s.) »  : […] Au début du xiv e  siècle, Gênes domine encore une grande partie des trafics méditerranéens. La perte des derniers comptoirs de Syrie est compensée par une floraison d'établissements en Méditerranée orientale. Les Génois commercent avec Alexandrie, jouissent de larges privilèges en Petite Arménie et à Chypre ; ils possèdent Phocée en Asie Mineure, […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/genes/#i_38562

Pour citer l’article

Michel BALARD, « DORIA ANDREA - (1466-1560) », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 18 février 2019. URL : http://www.universalis.fr/encyclopedie/andrea-doria/