ANASTASE LE BIBLIOTHÉCAIRE (810 env.-env. 880)

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Linguiste distingué et cardinal de Rome né autour de 810, probablement à Rome (Italie), mort vers 880, Anastase le bibliothécaire est un conseiller politique influent des papes du ixe siècle.

Apparenté à un évêque italien et reconnu pour sa parfaite connaissance du grec, Anastase est nommé cardinal-prêtre de la paroisse Saint-Marcel, à Rome, en 848. Déposé en 853 en raison de son activité politique, il devient brièvement antipape (août-septembre 855) face au pape Benoît III (855-858). Après s'être réconcilié avec Rome, il accède à la chancellerie pontificale, où il a l'occasion de débattre du statut de l'Esprit Saint de la Trinité chrétienne avec le théologien et grand érudit orthodoxe Photius, patriarche de Constantinople (858-867, 878-886). La question de l'Esprit Saint est un différend crucial entre Rome et Constantinople, qui mènera au schisme entre l'Orient et l'Occident (1054).

Faisant montre d'une grande habileté à exprimer les idées de la papauté, Anastase conserve son poste de rédacteur sous les pontificats d'Hadrien II (867-872) et de Jean VIII (872-882). Lors de la venue à Rome de Cyrille et Méthode, il soutient la mission d'évangélisation des peuples slaves confiée aux deux frères, qui développent une liturgie accessible à ces peuples dans leur propre langue. Anastase est chargé d'une mission diplomatique auprès de l'empereur byzantin Basile Ier (867-886) au nom de l'empereur franc sacré par Rome Louis II (824 env.-875), destinée à arranger un mariage entre les deux dynasties. Sa mission échoue, mais il reste à Constantinople pour assister au concile de 869-870 qui formulera la doctrine de la Trinité, décrétant la nature divine de l'Esprit Saint et condamnant les positions de Photius. La traduction en latin par Anastase des actes de ce IVe concile de Constantinople et d'un ensemble de documents relatifs à la controverse du monothélisme (thèse niant la dualité de la volonté de Jésus, à la fois divine et humaine) fait aujourd'hui date dans l'histoire de la théologie occidentale. Un recueil de textes en latin inclura plus tard sa chronique de l'histoire byzantine du vie au ixe siècle.

Au nombre des écrits majeurs d'Anastase se trouvent des commentaires sur l'œuvre de l'influent philosophe néoplatonicien Denys l'Aréopagite, et probablement les biographies officielles des papes Nicolas Ier (858-867) et Hadrien II consignées dans le Liber pontificalis (« livre des papes »), source essentielle à la connaissance de l'histoire de la chrétienté primitive.

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BYZANTINS CHRONIQUEURS

  • Écrit par 
  • Pascal CULERRIER
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Comme les Grecs de l'Antiquité, les Byzantins nous ont laissé une ample littérature historique. La transmission de ce savoir fut assurée par les historiens et par les chroniqueurs. Si les historiens traitent de périodes limitées dans le temps et emploient une langue recherchée, imitant celle des auteurs classiques, les chroniqueurs ont pour objet de narrer l'histoire universelle depuis la création […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/chroniqueurs-byzantins/#i_49756

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« ANASTASE LE BIBLIOTHÉCAIRE (810 env.-env. 880) », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 09 décembre 2019. URL : http://www.universalis.fr/encyclopedie/anastase-le-bibliothecaire/