HERCULANO ALEXANDRE (1810-1877)

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Historien rigoureux et novateur, romancier de l'histoire, poète romantique, paléographe, Alexandre Herculano fut avant tout, dans sa patrie, le Portugal, le promoteur et l'ardent défenseur des idées libérales. Il vécut et lutta pour elles. Ni l'exil ni les disgrâces ne lui firent perdre cœur et ne purent l'empêcher d'écrire en même temps que d'agir pour son idéal.

L'action et l'étude

Alexandre Herculano de Carvalho e Araújo, ou de Carvalho Araújo, en littérature Alexandre Herculano, naquit à Lisbonne. Après des études chez les Oratoriens, il devait entrer à l'université, mais la cécité de son père anéantit cet espoir. Il s'inscrit à l'école de commerce, s'initie à l'anglais, à l'allemand, ainsi qu'à la paléographie. À dix-huit ans, il écrit des poésies et fréquente les milieux littéraires, notamment les salons de la marquise d'Alorna, la « Staël portugaise ». Épris d'idées libérales, il est compromis dans un complot visant à mettre fin à la terreur qu'avait déclenchée la réaction absolutiste et se réfugie en Angleterre, puis en France.

Son exil est de courte durée. Il s'embarque en 1832 pour les Açores où se rassemblent les forces libérales et participe comme simple soldat au débarquement près de Porto. Son activité militaire ne l'empêche pas d'être nommé bibliothécaire au palais épiscopal, puis bibliothécaire adjoint à la bibliothèque municipale de Porto. Homme d'études, la bibliothèque devient désormais le décor de sa vie. En 1836, Herculano refuse de revenir sur le serment qu'il avait prêté à la charte constitutionnelle de 1833 ; il justifiera sa démission en 1836, dans A Voz do profeta (La Voix du prophète), pamphlet en style biblique qui annonçait le naufrage imminent de la patrie, livrée, selon lui, à la démagogie.

L'année suivante, il devient rédacteur en chef de O Panorama, une des revues portugaises les plus importantes du xixe siècle. En 1838, il publie A Harpa do crente (La Harpe du croyant), que l'on considère comme le bréviaire du romantisme portugais et l'unique témoignage poétique de la grande crise provoquée par la pénétration des idées libérales au Portugal. Son activité est multiple. En 1839, il est nommé directeur de la bibliothèque de Ajuda, poste qu'il occupera pendant près de trente ans. Élu député de Porto en 1840 (il démissionne en 1841), il publie une première version de O Monge de Cister (Le Moine de Cîteaux) remaniée en 1848, introduisant au Portugal le roman historique. En 1842 paraissent Cartas sobre a história de Portugal (Lettres sur l'histoire du Portugal). Eurico o Presbítero, qui traite du célibat des prêtres, une première version de O Bobo (Le Fou) – la seconde, remaniée, paraîtra un an après la mort de l'écrivain – sont de 1843. Le premier volume de son História de Portugal, qui fait date dans l'historiographie portugaise, voit le jour en 1846, le second et le troisième volume respectivement en 1847 et 1849. Ainsi Herculano assume-t-il ce qu'il conçoit comme une magistrature morale, le devoir de rappeler à ses compatriotes les leçons que la liberté du passé a léguées à la liberté du présent.

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Ronny A. LAWTON, « HERCULANO ALEXANDRE - (1810-1877) », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 11 août 2022. URL : https://www.universalis.fr/encyclopedie/alexandre-herculano/