MAGNASCO ALESSANDRO, dit IL LISSANDRINO (1667-1749)

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Né en Ligurie, Alessandro Magnasco reçoit sa première formation à Milan, d'un peintre vénitien, Filippo Abbiatti. À Gênes, durant son enfance, il a connu les batailles, les processions, les scènes de cabaret et les rixes de Bohémiens que peignaient les Flamands Cornelis et Luc van Wael. À Milan, dans le climat de terreur et de misère que fait régner la tyrannie espagnole, il trouve ses modèles dans la rue. Son imagination exaltée, tantôt par une ferveur mystique, tantôt par une révolte quasi blasphématoire, cède aussi par moments à une célébration préromantique des forces de la nature. Funérailles juives ou Sépulture d'un moine (musée de Bassano), Réunion de quakers ou Noces bohémiennes (musée du Louvre), Cortèges de pénitents ou Leçon de chant à la corneille (coll. part., New York) deviennent des transpositions fantastiques de la réalité.

Cette manière profondément personnelle, et qui laisse Magnasco sans épigone, a sa source, non seulement dans les précédents flamands ou hollandais — et leurs représentations de chanteurs, de devins, de scènes d'Inquisition —, mais encore dans l'œuvre de Jacques Callot, de Stefano della Bella, de Salvator Rosa surtout. À celui-ci, Magnasco emprunte l'idée des compositions aux vastes paysages sombres et tourmentés, animées de minuscules silhouettes de vagabonds ou de soldats. Dans la peinture vénitienne, celle de Sebastiano Ricci notamment — qu'il rencontre à Milan lorsque celui-ci, à la fin du siècle, vient peindre la coupole de San Bernardino ai Morti —, il trouve le point de départ d'une technique de vibrations lumineuses qui contribue à créer l'atmosphère hallucinatoire de ses compositions. Revenu à Gênes en 1735, il y peint, non sans ironie, la vie seigneuriale de l'époque (Réunion dans un jardin d'Albaro, palazzo Bianco, Gênes) et, pour finir, quelques compositions à grandes figures, tel Le Repas d'Emmaüs (San Francesco in Albaro, Gênes) où il renonce à tout décor, à tout accessoire, pour concentrer sur les trois visages l'expression d'une intense vie spirituelle.

—  Marie-Geneviève de LA COSTE-MESSELIÈRE

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Marie-Geneviève de LA COSTE-MESSELIÈRE, « MAGNASCO ALESSANDRO, dit IL LISSANDRINO (1667-1749) », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 12 avril 2019. URL : http://www.universalis.fr/encyclopedie/alessandro-magnasco/