PROST ALAIN (1955- )

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Le dimanche 6 octobre 1985, sur le circuit de Brands Hatch (Grande-Bretagne), Alain Prost, au volant de sa McLaren à moteur T.A.G.-Porsche, termine sagement le Grand Prix d'Europe à la quatrième place. Son seul adversaire pour le titre, l'Italien Michele Alboreto, ayant été contraint à l'abandon, ces 3 points marqués suffisent à son bonheur : il devient champion du monde de formule 1. Pour la première fois, un Français se coiffe de la couronne mondiale dans la plus prestigieuse des compétitions du sport automobile. Ce jour-là, Alain Prost a définitivement acquis son surnom de « Professeur ».

Alain Prost va conquérir trois autres titres mondiaux (1986, 1989, 1993), et sa rivalité avec le Brésilien Ayrton Senna marquera durablement le sport automobile. Depuis sa retraite sportive, aucun pilote français n'a approché ses performances.

Alain Prost, 1990

Photographie : Alain Prost, 1990

Le pilote français Alain Prost, quadruple champion du monde de formule 1, devant une autre figure emblématique de l'automobile : le cheval cabré de la Scuderia Ferrari, en 1990. Mais il échouera pour le titre au volant de la voiture rouge. 

Crédits : Pascal Rondeau/ Allsport/ Getty

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Les années Renault

Alain Prost est né le 24 février 1955 à Lorette, près de Saint-Chamond (Loire). Sa jeunesse se déroule sans histoires dans la « patrie » du président Pinay, et c'est par le karting que le futur maître de la formule 1 aborde les sports mécaniques. Le pilote montre déjà sa virtuosité : il devient champion d'Europe juniors en 1973, puis champion de France seniors en 1974. En 1975, Alain Prost abandonne le kart pour se consacrer à l'automobile. Il s'inscrit à l'école de pilotage parrainée par Elf et, suivant la filière du pétrolier français, gravira un à un tous les échelons menant à la formule 1 : vainqueur du volant Elf en 1975 ; champion de France de formule Renault en 1976, d'Europe en 1977 ; champion d'Europe de formule 3 en 1979. La logique aurait voulu que le pilote s'engageât en formule 2 l'année suivante, mais Alain pense déjà à la formule 1. Au cours de l'hiver, l'écurie McLaren le sollicite pour des essais ; le jeune Français impressionne les responsables par son talent, son professionnalisme et son sens de la mécanique : il est engagé pour l'année 1980, au côté de l'Irlandais John Watson. Pour ses débuts, il termine sixième, marquant ainsi son premier point au Championnat du monde. La suite sera plus difficile, et Alain Prost se montrera déçu par cette année passée au volant d'une McLaren dépassée technologiquement et dangereuse à piloter. Aussi se montre-t-il ravi de signer avec Renault. En effet, la Régie affiche clairement ses ambitions : imposer son savoir-faire technologique avec le moteur turbo et conquérir le titre de champion du monde.

Malgré neuf victoires, Alain Prost ressentira sa collaboration avec le constructeur français comme un échec. Piloter pour Renault, dont l'objectif n'est pas uniquement sportif, mais qui veut aussi, grâce à la vitrine offerte par la formule 1, augmenter les ventes de ses véhicules de tourisme, impose de nouvelles obligations : opérations de promotion, « médiatisation » de l'image des champions, devoir de réserve vis-à-vis de la presse, toutes contraintes qui s'accordent mal au caractère entier d'Alain Prost. En 1981, Alain Prost remporte devant le public français, sur le circuit de Dijon-Prenois, le premier grand prix de sa jeune carrière. Deux autres victoires suivront cette année-là. 1982 débute par un coup d'éclat : ayant compté plus d'un tour de retard, Alain Prost parvient à s'imposer lors du Grand Prix d'Afrique du Sud. Mais, tout au long de la saison, les relations vont se tendre entre le pilote et les responsables de l'équipe et, aussi, avec son coéquipier René Arnoux. Alain considérera comme une trahison le refus du Grenoblois de lui laisser la victoire lors du Grand Prix de France alors que, vu les positions au Championnat, ce dernier s'y était engagé. 1983 devait être l'année du sacre ; ce fut celle du divorce entre Prost et la Régie, de l'incompréhension entre Alain et le public français. Alors que Prost a dominé la première partie de la saison et se trouve largement en tête du Championnat, le doute s'installe au sein de l'équipe. Le pilote reproche au constructeur la lourdeur administrative de ses structures, qui l'empêche de prendre rapidement les décisions qui s'imposent, notamment en matière d'évolution technologique. Par ailleurs, Alain supporte de plus en plus mal les inconvénients liés à la notoriété (et la fiscalité française ?) : il quitte Saint-Chamond pour la Suisse. Lors du dernier grand prix de la saison, en Afrique du Sud, Prost, contraint à l'abandon en raison de nouveaux ennuis mécaniques, verra du bord de la pist [...]

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Alain Prost, 1990

Alain Prost, 1990
Crédits : Pascal Rondeau/ Allsport/ Getty

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Alain Prost sur McLaren

Alain Prost sur McLaren
Crédits : Tony Feder/ Allsport/Getty Images

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Ayrton Senna, 1992

Ayrton Senna, 1992
Crédits : Pascal Rondeau/ Allsport/ Getty

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Nigel Mansell

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  • : historien du sport, membre de l'Association des écrivains sportifs

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Pierre LAGRUE, « PROST ALAIN (1955- ) », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 18 janvier 2022. URL : https://www.universalis.fr/encyclopedie/alain-prost/