COPLAND AARON (1900-1990)

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Considéré comme le père de la musique américaine, Aaron Copland est l'un des premiers compositeurs à avoir donné à la musique du Nouveau Monde une identité et une notoriété qui lui ont permis d'être diffusée dans le monde entier : « Il a fait sortir la musique américaine de l'ombre », a déclaré Leonard Bernstein, alors qu'Antoine Goléa voyait en lui « un musicien profond et un créateur authentique, mais manquant de génie ».

Aaron Copland

Photographie : Aaron Copland

Le compositeur américain Aaron Copland (1900-1990) dirigeant un orchestre, le 27 octobre 1965. On lui doit des ballets, des musiques de film, des opéras et des symphonies. 

Crédits : Erich Auerbach/ Getty Images

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Copland naît à Brooklyn le 14 novembre 1900, de parents juifs émigrés de Lituanie. Il commence ses études musicales avec Leopold Wolfsohn, Victor Wittgenstein et Clarence Adler (piano), puis travaille la théorie avec Rubin Goldmark à partir de 1917. Il passe ensuite trois ans à Paris, où il est l'élève de Nadia Boulanger au Conservatoire américain de Fontainebleau ; il travaille également le piano avec Ricardo Viñes (1921-1924). Ces influences joueront un rôle déterminant : c'est l'époque où il découvre Debussy, Ravel, Stravinski et Milhaud, mais aussi le chant grégorien et Monteverdi. De retour aux États-Unis, ses premières œuvres sont créées sous la direction de Walter Damrosch (Symphonie avec orgue, version remaniée d'un concerto pour orgue dédié à Nadia Boulanger, 1925) et Serge Koussevitzky (Music for the Theater, 1925 ; Concerto pour piano, 1927). Il est le premier compositeur à obtenir une bourse Guggenheim, qui lui permet de retourner en Europe (1925-1927). Entre 1927 et 1937, il enseigne à New York (New School for Social Research). Avec Roger Sessions, il y fonde une série de concerts destinés à faire connaître la jeune musique américaine (1928-1931). Il dirige également le festival américain de musique contemporaine de Yaddo, à Saratoga Springs (New York), pendant deux ans. En 1930, il remporte un award de la R.C.A. Victor pour sa Dance Symphony (1925). À l'occasion du cinquantième anniversaire de l'Orchestre symphonique de Boston, Koussevitzky lui commande Symphonic Ode (1929). Toute sa vie, Copland restera étroitement lié à cet orchestre et aux activités de la fondation Koussevitzky. En 1937, il crée 1'American Composer's Alliance, dont il sera président pendant plusieurs années. Il jouera également un rôle actif à la tête de la League of Composers, section américaine de la Société internationale pour la musique contemporaine (S.I.M.C.). Il commence à se faire connaître comme pianiste et comme chef d'orchestre avant de remporter ses premiers grands succès de compositeur. Il enseigne au Berkshire Music Center de Tanglewood (1940-1965) et à Harvard University (1935, 1944, 1951-1952).

Après une période d'inspiration néoclassique proche du groupe des Six, il compose ses premières œuvres importantes dans un langage harmonique assez dur qui fait souvent référence au jazz, comme s'il voulait oublier les influences européennes. Au début des années 1930, visiblement marqué par Schönberg, sa musique devient plus austère (Variations pour piano, 1930 ; Statements pour orchestre, 1935), et il s'impose comme l'un des leaders de l'avant-garde américaine. Mais il renoue vite avec l'inspiration populaire, avec la suite d'orchestre El Salón México (1936), les ballets Billy the Kid (1938), Rodeo (pour les Ballets russes de Monte-Carlo, 1942) et Appalachian Spring (pour le Martha Graham Ballet, 1944), qui lui vaut le prix Pulitzer en 1945. Dans ces partitions, il use avec habileté de matériels thématiques spécifiquement américains (hymnes, folk music, jazz...) et fait preuve d'un réel talent descriptif. Lincoln's Portrait (1942) relève d'une démarche analogue, mais teintée de patriotisme : cette œuvre pour récitant et orchestre est écrite sur des textes tirés des discours et de la correspondance d'Abraham Lincoln ; elle a beaucoup contribué à la notoriété de Copland, notamment lorsque Eleanore Roosevelt en a tenu la partie de récitant. Cette période d'inspiration américaine, qui voit naître plusieurs œuvres de musique de chambre et instrumentale – sonates pour piano (1941) et pour violon et piano (1943) –, se poursuivra assez tard avec des œuvres comme les deux [...]

Appalachian Spring

Photographie : Appalachian Spring

Martha Graham et sa compagnie en 1944 dans Appalachian Spring, musique d'Aaron Copland, décors d'Isamu Noguchi. 

Crédits : Baron/ Hulton Archive/ Getty Images

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  • : chef d'orchestre, musicologue, producteur à Radio-France

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Pour citer l’article

Alain PÂRIS, « COPLAND AARON - (1900-1990) », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 13 mai 2022. URL : https://www.universalis.fr/encyclopedie/aaron-copland/