4. Teotihuacán et les Zapotèques
Entre le début de notre ère et 200 après J.-C., les conflits s'apaisent, la population de la vallée augmente et la région est largement dominée par Monte Albán, qui reçoit des tributs de la part de nombreuses communautés. La structure sociale se diversifie : nobles, prêtres, guerriers, artisans et agriculteurs. Les rites zapotèques deviennent plus complexes : ils incluent le sacrifice d'êtres humains et d'animaux, l'autosacrifice, et des cérémonies funéraires élaborées auxquelles la partie supérieure des édifices publics est consacrée. Par ailleurs, la religion permet aussi un meilleur contrôle de la société comme le suggèrent les figurines d'hommes avec des masques. Peut-être s'agit-il de dirigeants qui se seraient déguisés en êtres surnaturels pour impressionner la population.
Monte Albán s'accroît encore et atteint 6 kilomètres carrés de superficie qui abritent une population de 25 000 habitants environ, dont les différences de statut se reflètent dans l'habitat, comme le montre la grande variabilité en taille et en qualité des résidences. Vers 350 après J.-C., la tendance s'inverse : ce sont des gens de Teotihuacán qui s'introduisent à Monte Albán comme le suggère la découverte de céramiques de style Teotihuacán, voire d'édifices ou de sépultures. Les dirigeants de la métropole mexicaine se seraient alliés aux Zapotèques pour assurer l'obtention de matières premières propres à Oaxaca, tel le mica. Ils pourraient aussi s'être imposés à Monte Albán, ce qui expliquerait une diminution des activités de construction constatée tant dans la capitale que dans d'autres communautés comme San José Mogote et Huijazoo. Dans d'autres secteurs de la région – la vallée de Tlacolula, par exemple –, la population diminue même.
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