Au début du xxe siècle, l'héritage des grands virtuoses romantiques du piano se scinde en deux écoles : les disciples de Franz Liszt – représentés par Edwin Fischer, Artur Rubinstein, Wilhelm Kempff, Claudio Arrau... – et ceux du polonais Theodor Leschetizky – illustrés par Ignacy Jan Paderewski, Ossip Gabrilowitsch, Artur Schnabel, Benno Moiseiwitsch, Alexander Brailowsky... L'Allemand Wilhelm Backhaus s'inscrit dans la première lignée, qui accorde la primauté à la polyphonie et à l'architecture, mais à laquelle on a parfois reproché un certain manque de poésie.
Wilhelm Backhaus naît à Leipzig le 26 mars 1884. Au Conservatoire de sa ville natale, il est l'élève du pianiste Alois Reckendorf de 1891 à 1899 et il étudie également la composition avec Salomon Jadassohn, maître de Busoni, Delius, Grieg, Karg-Elert, Weingartner... En 1898 et 1899, Backhaus se perfectionne à Francfort auprès du pianiste Eugène d'Albert, grand ami de Brahms et disciple de Liszt. Il effectue en 1900 et 1901 une importante tournée en Angleterre, au cours de laquelle il remplace le grand Alexandre Siloti dans le
