Sa longévité en avait fait une figure de légende du piano. Wilhelm Kempff incarnait tout ce que la tradition allemande peut avoir d'intemporel : un tempérament profondément classique mis au service d'un sens peu commun de l'improvisation qu'il tirait de sa formation d'organiste et qui faisait de chacune de ses interprétations une véritable recréation.
Né à Jüterbog (Brandebourg) le 25 novembre 1895 dans une famille d'organistes luthériens, Wilhelm Kempff commence très jeune l'étude du piano et de l'orgue avec son père, lui-même compositeur et organiste titulaire de l'église Saint-Nicolas de Potsdam. Il travaille ensuite avec Ida Schmidt-Schlesicke et obtient deux bourses qui lui permettent d'entrer, à l'âge de neuf ans, à la Hochschule für Musik de Berlin, où il est l'élève de Heinrich Barth (piano) et de Robert Kahn (composition). Il mène simultanément des études universitaires (philosophie et histoire de la musique). En 1916, il remporte les prix Mendelssohn de piano et de composition qui lui ouvrent les portes de la carrière : il débute en 1918 avec l'Orchestre philharmonique de Berlin sous la direction d'Arth […]
