7. Les tsunamis en Polynésie française
Le tsunami le plus destructeur en Polynésie française au cours du xxe siècle fut celui d'avril 1946. Généré au large des îles Aléoutiennes, il a provoqué des dégâts très importants dans tous les archipels polynésiens et fait des victimes dans l'archipel des Marquises.
D'une façon générale, les amplitudes de vagues les plus fortes sont observées dans cet archipel. Les côtes des îles Marquises plongent en effet dans l'océan avec une faible pente, de l'ordre de 5 à 10 degrés, et présentent de grandes baies ouvertes vers l'océan dépourvues de barrières de récifs. Ces deux facteurs favorisent fortement l'amplification du tsunami. Les autres archipels de Polynésie française (îles Gambier, îles de la Société, îles Australes et l'archipel des Tuamotu), dont les pentes sont fortes (environ 30 degrés) et présentent des formes plutôt convexes, ont tendance à réfléchir l'énergie du tsunami, ce qui en atténue les effets.
Le 30 juillet 1995, un séisme de magnitude 8,1 au large du Chili généra un tsunami dont les vagues sur l'île d'Hiva-Oa dans les Marquises furent de 2 à 3 mètres dans le port provoquant de sérieux dégâts. Dans la même baie, des vagues de 1 à 2 mètres furent observées le 21 février 1996 pour un séisme de magnitude 6,6 au large du Pérou.
L'intérêt des simulations numériques est de prévoir le risque en réalisant des cartes d'inondation. On estime qu'un tsunami équivalent à celui de 1960 causerait aujourd'hui en Polynésie française des dégâts largement supérieurs et vraisemblablement de nombreuses victimes, en raison du développement du tourisme en bord de mer. Les tsunamis affectant la Polynésie française sont surveillés par un laboratoire du C.E.A., basé à Tahiti. Le système s'appuie sur l'analyse des ondes sismiques qui se propagent dans le manteau.
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