2. Une géographie des transports en mouvement
• Au temps de l'achèvement de l'urbanisation : intra- et interurbain
Nous vivons dans un contexte où l'urbanisation s'achève : d'ici à 2050, le réservoir du monde rural sera presque épuisé dans le Monde puisque, d'une manière ou d'une autre, le monde urbain aura englobé l'ensemble des espaces de vie, comme c'est déjà le cas aujourd'hui dans les pays développés. Par ailleurs, l'ensemble de la population de la planète tendra vers la stabilité (à quelque 9,5 milliards d'habitants, selon les projections actuelles). Les déplacements se limiteront pour l'essentiel à deux types : intra- et interurbain. L'échelle des villes et des systèmes de villes dépendra fortement des moyens de la mobilité : soit on se situera au sein d'un espace local intra-urbain, qui peut être quotidiennement pratiqué et maîtrisé, soit on aura affaire à un espace interurbain composé de plusieurs espaces urbains plus ou moins distincts. La distinction reposera sur l'organisation des mobilités, qui, désormais, constituera le meilleur indicateur pour définir les limites, partielles et mouvantes, des aires urbaines. À l'échelle continentale ou mondiale, les sous-ensembles peuvent déjà être pertinemment découpés sur la base de l'existence de réseaux cohérents, offrant un niveau d'accessibilité comparable pour tous leurs lieux. Le point de basculement entre l'intra- et l'interurbain devient alors un enjeu de l'aménagement de l'espace dans lequel les transports jouent un rôle décisif : qu'on étende le réseau de transports publics pour apporter davantage de proximité à des localités en cours d'urbanisation ou qu'au contraire on limite les dessertes et les fréquences pour éviter la « banlieuisation », et c'est tout l'espace de vie qui s'en trouvera affecté.
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