La mobilité peut être définie comme le rapport social au changement de lieu, c'est-à-dire comme l'ensemble des actions qui concourent au déplacement des personnes et des objets matériels. Dans ce cadre très large, les transports sont les systèmes techniques directement dédiés à ces déplacements. Ils constituent une branche économique relativement facile à isoler, mais qui ne représente qu'une composante du domaine de la mobilité. En effet, cette dernière comprend également, d'une part, les systèmes techniques qui encadrent les transports et les rendent possibles (production des moyens de transport, gestion des systèmes de transports, services à la mobilité), et, d'autre part, l'articulation entre la pratique des transports et ses finalités économiques, sociologiques, anthropologiques et politiques. Enfin, comme la mobilité constitue un élément fondamental du fonctionnement des sociétés productives, elle n'est pensable que dans une approche qui la relie aux grandes dynamiques sociales.
La mobilité repose sur l'existence de l'immobilité. En effet, il existe des réalités sociales – comme les villes, les régions, les sociétés... – qui n'ont de pertinence et de valeur que dans le cadre d'une localisation précise : ce sont des biens situés, par opposition aux biens mobiles, que sont, par exemple, les marchandises ou la monnaie.
Si nous imaginons un Monde (entendu comme l'espace habité d'échelle planétaire) dépourvu de biens situés, nous devons penser à un système de déplacement profondément différent de celui que nous connaissons, qui serait de nature tourbillonnaire puisque la propension à bouger serait comparable pour tous les êtres et objets de la planète. La croissance des mobilités que nous observons ne s'oriente pas dans cette direction et on ne saurait parler, sauf en jouant sur les mots, de nomadisme à propos des mobilités contemporaines. En revanche, se met en place un continuum sans rupture entre les circulations de courte portée temporelle et les migrations de plus longue durée. La distinction en […]
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