Successeur de Calvin et guide des huguenots lors des guerres de religion. Fils d'un bailli bourguignon, Théodore de Bèze mène d'abord, après des études juridiques à Orléans et à Paris, une vie de dilettante et de poète. Sa conversion et sa fuite à Genève (1548) lui permettent de jouer, pendant quinze ans, un rôle considérable dans le monde protestant français. Jusqu'en 1558, il enseigne le grec à l'Académie de Lausanne et soutient Calvin dans sa lutte contre Bolsec et Servet. Il compose une traduction des Psaumes et le drame Abraham sacrifiant, qui se révèlent tous deux de grands succès.
Doué d'une remarquable intelligence politique, il se voit chargé de nombreuses missions délicates, dont trois voyages en Allemagne : pour obtenir un soutien des luthériens au profit des coreligionnaires persécutés, il minimise les divergences relatives à la Cène, ce qui l'éloigne des réformés suisses. En 1559, il devient recteur de l'Académie genevoise, mais il se consacre davantage aux huguenots dont il apparaît comme le chef spirituel. Par crainte d'une Réforme par en bas et de déviations doctrinales, il favorise la politisation des Églises réformées françaises et encourage les […]
