Le tantale (symbole Ta) et le niobium (symbole Nb) sont deux métaux de transition du groupe Va de la classification périodique des éléments et, de ce fait, ont un grand nombre de points communs : ils sont presque toujours associés dans leurs minerais ; leurs propriétés chimiques sont très voisines, ce qui rend particulièrement complexe leur séparation dans la phase d'extraction métallurgique ; ils appartiennent tous deux à la classe des métaux appelés réfractaires (niobium, molybdène, tantale, tungstène).
Le tantale fut découvert en 1802 par le Suédois Anders Gustaf Ekeberg qui lui donna ce nom mythologique à cause des très grandes difficultés rencontrées pour sa dissolution en milieu acide. Dans le même temps (1801), l'Anglais Charles Hatchett découvrait l'élément no 41 en analysant des roches (de la colombite, d’après le nom du lieu où elle avait été trouvée, en Amérique du Nord) et lui attribua le nom de columbium. En 1844, l'Allemand Heinrich Rose, reprenant les études d'Ekeberg, isolait du tantale un nouvel élément qu'il appela niobium (du nom de Niobé, fille de Tantale). Mais l'on démontra rapidement que columbium et niobium n'étaient qu'un même élément. Ce n'est toutefois qu'en 1950 que l'Union chimique internationale officialisa le seul nom de niobium (mais, aux États-Unis, les métallurgistes emploient toujours le mot columbium).
Dans la seconde moitié du xixe siècle et au début du xxe, Jean Charles Gallissard de Marignac, Henri Moissan, Victor Moritz Goldschmidt, W. von Bolton et C. W. Balke mirent au point les premiers procédés de séparation et d'extraction de ces métaux. Leur production industrielle ne débuta toutefois qu'après 1946.
La principale qualité du tantale est son exceptionnelle résistance à la corrosion dans un grand nombre de milieux chimiques agressifs, d'où de nombreuses applications en génie chimique. Plus récemment, les propriétés diélectriques de son oxyde lui ont ouvert un large débouché dans la production des condensateurs de haute performance. […]
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