2. Halakha et Haggada
Les rabbins tirent de l'Écriture des règles qui, régissant toute l'existence du juif, visent à le faire vivre, ici et maintenant, dès ce monde-ci, dans le « royaume des cieux ». Ils proclament avec force que les paroles des scribes sont plus chères que les paroles de la Tora elle-même, voulant signifier par là que c'est l'interprétation vivante qui vivifie la lettre. On sait mieux aujourd'hui que, pour les besoins d'une propagande, pharisiens et rabbins ont été atrocement calomniés. Pendant des siècles et jusqu'à l'époque actuelle encore, on a stigmatisé dans certains milieux leur « formalisme », leur « juridisme », leur « légalisme », et nul n'ignore le sens que le mot « pharisien » a pris dans les langues occidentales. Mais l'intention profonde des rabbins a été de prendre totalement au sérieux la parole du Dieu vivant, laquelle ne peut être, suivant leur expression, « comparable au creux bavardage » d'êtres humains, et de considérer que rien dans l'Écriture, non plus que dans le comportement humain, n'est insignifiant. La notion de « détail futile » leur était totalement étrangère. Vivre intensément la Tora, seul lien entre Israël et son Dieu, manifestation de son amour, cause finale de la création du monde qui, sans elle, n'aurait aucun sens, était leur plus profonde préoccupation. Ils aspiraient à sanctifier la vie de l'homme, depuis son lever jusqu'à son coucher, voire durant son sommeil (n'ont-ils pas tenté d'orienter jusqu'à ses rêves ?), et de sa naissance jusqu'à sa mort ; ils cherchaient également à tirer de la prédication prophétique des lois destinées à créer la société la plus juste possible.
La règle, aussi bien celle que les rabbins ont édictée que celle que la tradition leur a transmise, s'appelle halakha (littéralement, « voie dans laquelle on doit marcher », du verbe halokh, « marcher »). Une fois définie, elle est souverainement contraignante pour tout enfant d'Israël majeur et sain d'esprit, sauf en cas de péril mortel. Cette dernière […]
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