3. Évolution politique et sociale depuis l'indépendance
Depuis l'indépendance, l'évolution de Sri Lanka a été dominée par deux facteurs dont la permanence a miné la stabilité politique du pays : le problème du choix d'une voie de développement pour faire face au défi démographique ; et l'accentuation des attitudes communalistes empêchant l'affirmation d'un sentiment national sri-lankais. Trois vagues d'agitation ont troublé cette période ; la première a déferlé entre 1956 et 1959 en prenant une forme communaliste. La deuxième a pris une importance croissante au cours des années 1960 jusqu'à donner naissance, en 1971, à un mouvement insurrectionnel mené par le Janatha Vimukthi Peramuna (J.V.P.). La troisième, qui est le symptôme d'une grave crise politique, a été marquée par l'essor du terrorisme tamoul, par les violences antitamoules de l'été de 1983, par l'intervention indienne de l'été de 1987, par la seconde rébellion singhalaise du J.V.P. et sa répression de 1988 à 1990.
• Les conservateurs au pouvoir (1948-1956)
D. S. Senanayake, le Premier ministre, est l'homme de la continuité ; il jouit de l'appui des pays occidentaux, des classes possédantes locales, et d'une grande popularité auprès de la paysannerie grâce aux travaux d'irrigation qu'il a fait entreprendre alors qu'il était ministre de l'Agriculture et grâce à la politique sociale (distribution de denrées de première nécessité, équipements scolaires et hospitaliers) qu'une conjoncture économique favorable permet de poursuivre.
Mais sa mort accidentelle en 1952 coïncide avec la dégradation de cet équilibre fragile. Son fils Dudley Senanayake ne peut se maintenir au pouvoir qu'un an, faute de parvenir à maîtriser l'agitation sociale engendrée par sa décision de tripler le prix du riz, sur les conseils de la Banque mondiale. Le parti que son père a fondé, l'United National Party (U.N.P.), doit faire face non seulement à la contestation animée par le parti de gauche Lanka Sama Samaja Party (L.S.S.P.) qui se réclame du trotskisme, mais aussi à […]
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