Certes, une formule journalistique éculée vient rappeler que tous les records sont faits pour être battus. Néanmoins, personne ne pensait que la performance réalisée aux Jeux de Munich en 1972 par le nageur américain Mark Spitz (7 courses, 7 médailles d'or, 7 records du monde) puisse un jour être mise à mal. Pourtant, les images de l'homme au slip de bain en Nylon-élasthanne aux couleurs du drapeau américain, à la généreuse moustache et à la chevelure en broussaille diffusées dans toutes les rétrospectives consacrées à l'histoire des jeux Olympiques ont soudain pâli. À l'issue des Jeux de Pékin en 2008, l'archétype de l'homme-poisson portait pantalon moulant ou combinaison aérodynamique futuriste et bonnet de bain noir ; il ne se nommait plus Mark Spitz, mais s'appelait Michael Phelps. Ce dernier a fait mieux que son compatriote : huit courses, huit médailles d'or, assorties de sept records du monde.
Des qualités physiques exceptionnelles et un mental d'acier lui ont permis de relever son formidable défi. Michael Phelps présente en effet la morphologie idéale du nageur. Grand (1,93 m), il se distingue par un long torse, qui lui permet de « glisser » sur l'eau, et par une envergure de bras (2 m) supérieure à sa taille, qui l'autorise à aller « chercher l'eau » plus loin que d'autres. Un torse légèrement concave, un dos un peu courbé, une grande flexibilité des épaules, des coudes et des chevilles, et il peut réaliser des virages parfaits et d'étonnantes coulées sous-marines. En outre, sa capacité de récupération à l'issue d'un effort violent (17 minutes pour revenir à la normale) est digne de celle des plus grands champions cyclistes. Cette endurance lui a permis de prendre dix-sept fois le départ d'une course dans l'élégant « cube d'eau » de Pékin et de nager quelque 70 kilomètres en neuf jours. Quant à son mental, il s'appuie sur le culte de la victoire, une concentration absolue à l'approche de chaque course, qu'il gère méthodiquement comme une routine forgée au fil des a […]
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