3. La gloire parisienne
En 1627, Louis XIII rappelle à Paris ce peintre qu'il pensionnait déjà à Rome. Dans la capitale en pleine reconstruction, Vouet s'impose rapidement. En vingt ans, il va multiplier les retables, les décors de galeries et d'appartements et les cartons de tapisseries, sans renoncer jamais au tableau de chevalet. Autour de lui, pour venir à bout des commandes, un important atelier se constitue, où les simples élèves côtoient des spécialistes (du paysage, du décor de grotesques, des animaux, etc.) et des disciples qui sont aussi des collaborateurs : citons, parmi les spécialistes, Juste d'Egmont, Pierre Patel, François Belin, Jean Cotelle, Pieter Van Boucle, Henri Bellange ; parmi les collaborateurs, François Perrier, Pierre Mignard, Noël Quillerier, Michel I Corneille, Charles Poërson, Nicolas Chaperon, Michel Dorigny, François Tortebat, Eustache Le Sueur, Charles Le Brun et Charles Dauphin... On trouve là quelques-unes des futures gloires du siècle. L'entreprise, le mot n'est pas trop fort, garde cependant un caractère familial très marqué ; de fait, au moins quatre des collaborateurs de Vouet lui seront apparentés : Jacques Sarrazin et Michel Corneille qui épousent chacun l'une de ses nièces, plus tard François Tortebat et Michel Dorigny que Vouet mariera à ses filles. Dans une grosse production relativement homogène (des artistes comme Le Sueur ou Le Brun assimileront complètement le style de Vouet avant de s'en détacher) et d'autant plus difficile à appréhender, les spécialistes s'efforcent depuis quelques années de faire la part entre ce qui revient au maître seul, ce qui est le résultat d'un travail d'atelier et ce qui appartient en propre à tel ou tel de ses collaborateurs.
Pour sédentaire qu'elle soit, l'activité de Simon Vouet à Paris donne la même impression de tourbillon que les voyages d'autrefois. De 1627 à 1649, l'entrepreneur de grands chantiers décoratifs qu'il est devenu réalise pour le roi, pour l'aristocratie et pour l'Église une succession de commandes im […]
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