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MIGNARD PIERRE (1612-1695)

Né à Troyes, Pierre Mignard fit son apprentissage à Bourges, à partir de 1622, chez le peintre de tableaux d'autel Jean Boucher, puis à Paris chez Simon Vouet. Ces deux peintres qui avaient fait autrefois le voyage d'Italie communiquèrent peut-être à Mignard le désir du voyage outre-monts, de règle pour les artistes de la génération de 1590, délaissé par les artistes de sa génération (Philippe de Champaigne, La Hyre). De son long séjour en Italie, principalement à Rome, de 1634-1635 à 1657 (il fit un voyage à Parme, à Modène et à Venise en 1654-1655), nous connaissons fort peu de chose ; si l'artiste s'italianise fortement, il se lie tout de même d'amitié avec le peintre et théoricien Charles-Alphonse Du Fresnoy, auteur du De arte grafica. Sa véritable formation se fit sous l'égide de la peinture bolonaise : Annibal Carrache, Dominiquin, l'Albane ; il retint aussi de Corrège son sens du clair-obscur et médita la peinture de Poussin. Nous avons donc affaire à un peintre éclectique.

Une Trinité adorée par saint Charles Borromée, saint Jean de Matha et saint Félix de Valois pour le maître-autel de Saint-Charles-aux-Quatre-Fontaines à Rome (in situ) et un Saint Charles Borromée soignant les pestiférés destiné à San Carlo ai Catinari (mais jamais mis en place), connu aujourd'hui par l'estampe de François de Poilly, dénoncent une influence de Pierre de Cortone. Ses Madone, si recherchées qu'on les appelait des « Mignardes », souvent copiées, pourraient être rapprochées de Sassoferrato. Mignard fut surtout célèbre en Italie (Poussin en témoigne en 1648) pour ses portraits de papes, de cardinaux, des membres des plus nobles maisons romaines et italiennes. Le Portrait d'homme (Marco Peruta ?) du musée de Prague (1654), peint à Venise, est un des chefs-d'œuvre du genre, par son côté non officiel, par son aspect étrange qui rappelle Lotto. À travers ses portraits, fortement personnalisés, Mignard exerça une influence probable sur Carlo Maratta, et certainement sur Ferdinand Voët. Mignard, rentré d'Italie, reste […]

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« MIGNARD PIERRE (1612-1695) » est également traité dans :

AUTOPORTRAIT, peinture

Écrit par :  Robert FOHR

Dans le chapitre "Le peintre noble et savant : l'autoportrait « en majesté »"  : …  à l'image de la dignité de la fonction, qui sert de cadre aux autoportraits les plus pontifiants (*Pierre Mignard, vers 1690, musée du Louvre) ou les plus hermétiques : dans sa célèbre effigie peinte pour Paul Fréart de Chantelou en 1650 (musée du Louvre), Poussin, noblement campé devant un empilement de tableaux, abandonne au double œil de Junon… Lire la suite

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Portrait de Molière dans le rôle de César de "La Mort de Pompée" de Corneille, N. Mignard

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