La postérité a reconnu très tôt à Simon Vouet, le peintre parisien le plus important du règne de Louis XIII, un rôle décisif dans la renaissance que connaît la peinture française à cette époque : “Non seulement on luy est obligé”, écrit en 1685 André Félibien dans ses Entretiens sur les vies et les ouvrages des plus excellens peintres anciens et modernes, “d'avoir fait revivre en France la bonne manière de peindre ; mais encore d'avoir fait un grand nombre d'élèves, dont plusieurs se sont rendus considérables dans la Peinture & dans les autres professions qu'ils ont embrassées dépendantes du Dessein”. Cet éloge, que l'auteur nuance ensuite par des critiques sévères concernant paradoxalement la “manière de peindre” de Vouet, a résisté au temps. Pour l'historiographie actuelle, qui s'efforce notamment de mieux cerner, dans une production encore abondante malgré les destructions nombreuses du passé, ce qui revient au maître et à tel ou tel de ses collaborateurs et disciples, elle demeure largement valable.
1. Un personnage ambitieux
Fils de Laurent Vouet, un maître peintre parisien, lui-même fils d'un fauconnier du roi d'origine champenoise, Simon Vouet appartient à la bourgeoisie aisée de la capitale. C'est à Paris qu'il reçoit son premier apprentissage, entre 1600 et 1610, probablement auprès de son père. C'est à Paris, hormis les années italiennes, que se déroulera toute sa carrière. Le personnage, qui va occuper le devant de la scène artistique française pendant tout le deuxième quart du xviie siècle, ne manque pas de relief. Toujours en mouvement, d'une activité inlassable, Vouet n'inspire pas à ses contemporains que des pensées bienveillantes : “C'est l'homme du monde qui a le plus de présomption et de bonne opinion de soi mesme, et méprise tous les autres...”, déclare en 1627 François Auguste de Thou, “un homme effréné, d'humeur gaillarde, qui cherche son avantage per fas et nefas”, lit-on dans une lettre de Gabriel Naudé au collectionneur romain Cassiano Dal Pozzo. Quelques portraits […]
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