Étoile du violon français très vite parvenue au firmament, Christian Ferras symbolisait la continuité d'une école instrumentale qui avait perdu, au fil des années, son lustre d'antan. Jacques Thibaud, Ginette Neveu ou Zino Francescatti étaient ses plus illustres prédécesseurs ; mais, dans leur génération, ils n'étaient pas seuls. Ferras faisait davantage figure d'isolé, et le développement rapide de sa carrière dans le monde entier n'en avait pris que plus d'ampleur. Il voit le jour le 17 juin 1933 au Touquet. Son père, excellent violoniste lui-même, avait été l'élève de Marcel Chailley, le fondateur du quatuor portant son nom et le père du musicologue Jacques Chailley. En 1940, la famille Ferras se réfugie à Nice. Christian découvre le violon avec son père. L'année suivante, il entre au conservatoire local dans la classe de Charles Bistesi, où il obtient un premier prix dès 1943. En 1942, il a déjà fait ses débuts avec un orchestre. Jusqu'à la Libération, il joue à droite et à gauche. Ainsi, l'Opéra de Nice fait souvent appel à lui pour le solo de la méditation de Thaïs. En 1945, sa famille se fixe à Paris et il entre au Conservatoire dans les classes de René Bénedetti (violon) et de Joseph Calvet (musique de chambre). L'année suivante, il remporte un premier prix dans chacune des deux disciplines. C'est le début d'une carrière d'enfant prodige ponctuée de plusieurs récompenses dans les concours internationaux – où il lui faut d'ailleurs obtenir des dispenses d'âge ! : premier prix à Scheveningen (Pays-Bas) en 1948, deuxième prix à Paris au concours Marguerite Long-Jacques Thibaud en 1949 (premier prix non décerné). Il travaille alors avec Georges Enesco. À la même époque, il forme avec Pierre Barbizet un duo violon-piano qui prendra la succession de « tandems » fameux dans l'histoire de la musique de chambre (Alfred Cortot-Jacques Thibaud ou Zino Francescatti-Robert Casadesus).
Au début des années 1950, il donne des concerts dans le monde entier, est invité par l'Orchestre philharmonique de […]
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