2. Histoire d'une diaspora
• Les méprises d'une identification
Les premiers Rom avaient été précédés à Byzance dès le vie siècle par une secte orientale de magiciens et de devins errants et mendiants se réclamant du prêtre-roi Melchisédech et dont l'influence avait culminé au ixe siècle. On admet que leur dénomination grecque (Athinganoi qui signifie littéralement « Intouchés ») aurait été étendue par les Byzantins aux premiers Rom à leur arrivée et que cette désignation est à l'origine des diverses formes du mot « Tsigane », telles qu'on les rencontre dans plusieurs langues d'Europe.
De même, l'Asie Mineure avait vu transiter vers les Balkans, entre 306 et 327, d'importantes formations militaires en provenance d'Égypte – lesquelles semblent être à l'origine des Balkano-Égyptiens actuels, que l'on trouve surtout en Albanie, en Grèce et en Macédoine. Le souvenir de ces colonnes d'Aiguptianoi pourrait être à l'origine des désignations françaises d'« Égyptiens » et de « Gitans » (en espagnol : gitanos ; en anglais : Gipsies) données aux Rom. Les autres désignations, telles que « Sarrasins », « Tatares » ou « Bohémiens », proviennent également d'amalgames populaires avec divers groupes ou pays.
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