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RÉVOCATION DE L'ÉDIT DE NANTES (1685)

L'édit de Nantes (1598) avait établi, pour la première fois dans un grand État européen, la tolérance religieuse. L'édit de grâce d'Alès (1629) retirait aux protestants leurs garanties politiques ; ils demeurèrent cependant loyaux durant la Fronde. Louis XIV considéra que cette présence de sujets étrangers à l'Église, assez nombreux dans le Midi et dans l'Ouest, nuisait à la grandeur du royaume ; il les soupçonnait d'être liés à des puissances adverses comme les Provinces-Unies et l'Angleterre ; il les accusait de répandre des conceptions politiques dangereuses. Entre 1660 et 1679, il entreprit, en accord avec le clergé, et tout en respectant l'édit de Nantes dans sa lettre, une action de « persuasion ». Des mesures restrictives furent prises : enquêtes sur les infractions commises par les huguenots, destructions de temples, obligation de procéder aux enterrements de nuit. Un arrêt du Conseil, en 1665, facilita la conversion des enfants de protestants. Une caisse de conversion aidait à l'insertion des nouveaux catholiques dans la vie sociale. En dépit de quelques conversions éclatantes, comme celle de Turenne, cette politique de persuasion s'avéra inefficace. À partir de 1679, la conjoncture changea. L'influence de Colbert, attentif à la puissance économique des huguenots, s'estompa derrière celle de Le Tellier et de Louvois. Dans l'entourage du monarque s'affirme alors le rôle de Mme de Maintenon, petite-fille d'Agrippa d'Aubigné, convertie, mariée secrètement au roi. Plus mystérieuse est l'influence du confesseur jésuite le père La Chaise. Le monarque devient dévot, veut réaliser son « grand dessein » : contribuer au rayonnement de l'Église catholique en Angleterre, contre le Turc aussi bien que contre les « égarés » du royaume. Pour lui, la Réforme est née des abus de l'Église, depuis longtemps disparus. Extirper le protestantisme lui vaudra la reconnaissance du pape et, sans doute, des avantages pour l'Église gallicane.

Entre 1679 et 1685 une série d'arrêts vide  […]

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