Dans l'Église primitive, le titre de confesseur était donné à des chrétiens ayant souffert dans les persécutions autrement que par le sang versé. Le mot était primitivement mal distingué de celui de martyr. Le martyr était un témoin, il avait par son attitude témoigné de sa foi devant les juges. De la même façon, un confessor avait affirmé (plus exactement professé) son appartenance à l'Église. Jusqu'à la fin du iie siècle donc, lorsque le titre de confessor est donné à un défunt, il y a tout lieu de croire qu'il s'agit d'un martyr. Vers le milieu du iiie siècle, saint Cyprien précise le sens des deux termes : est martyr celui qui a été exécuté pour sa foi ou est mort en prison, et de même celui qui a été torturé, quand il survit à son supplice ; est confesseur le chrétien qui s'est exilé volontairement, qui a été incarcéré et a subi d'autres préjudices, en particulier des pertes matérielles. Les confesseurs ayant survécu aux persécutions jouissaient dans leur Église d'une situation privilégiée et recevaient souvent la charge de diriger les offices. Aussi, dès la fin du ive siècle, le terme de confessor désignait couramment les chantres et les lecteurs.
Jacques PONS
Retour en haut



