5. La montée récente de la mer
Actuellement, en plus du réajustement isostatique associé à la fonte des grandes calottes glaciaires qui s'est achevée il y a 7 000 ans, les marégraphes situés dans des zones peu actives sur le plan tectonique détectent tous une montée du niveau de la mer. Par exemple, l'enregistrement effectué à Brest, qui a commencé en 1807, témoigne d'une relative stabilité jusqu'au début du xxe siècle ; s'amorce alors une montée progressive des eaux qui atteint 19 centimètres au début des années 2010. Ce chiffre est proche de la valeur moyenne mondiale, et les différentes stations situées sur les cinq continents ont enregistré une transgression comprise entre 10 et 25 centimètres au cours des cent dernières années. Son caractère global a été confirmé par les mesures altimétriques effectuées des satellites comme Topex-Poséidon.
Les causes de la montée du niveau de la mer sont multiples, et les incertitudes sont nombreuses lorsqu'on tente d'évaluer l'impact des différents mécanismes entrant en jeu. Le réchauffement des eaux superficielles, qui est une conséquence de l'augmentation de l'effet de serre atmosphérique, expliquerait environ un tiers du signal observé. Un deuxième tiers serait dû à la fonte des glaciers des montagnes des régions tempérées. Le reste pourrait être expliqué par la fonte de la calotte glaciaire groenlandaise et peut-être par une diminution du volume des eaux souterraines continentales en raison des activités humaines (déforestation, érosion des sols). L'établissement d'un bilan de masse précis pour le Groenland (probablement négatif) et l'Antarctique (probablement nul ou négatif) est un sujet de recherche indispensable pour le xxie siècle. Il est facilité par le lancement de satellites altimétriques qui permettent déjà de suivre simultanément l'évolution du niveau des océans et l'altitude des grandes calottes glaciaires polaires. En attendant le recul de plusieurs années de mesures, la prévision de l'évolution du niveau de la mer au cours du xxie siècle est entachée de larges incertitudes. On estime entre 20 centimètres et 1 mètre la montée des eaux à la fin du xxie siècle, le chiffre le plus élevé correspondant à un scénario dans lequel les émissions de gaz à effet de serre ne seraient pas effectivement limitées par des décisions politiques.
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