Savant hors pair, Pierre-Paul Grassé, né à Périgueux le 27 novembre 1895, fut un des rares naturalistes à qui n'échappa aucun domaine du monde vivant, aucun problème que celui-ci soulève. Ce qui caractérise son œuvre si diverse, ce qui en fait l'originalité et en souligne la profondeur, c'est que toujours, à l'arrière-plan de la question étudiée, se rencontre la préoccupation de synthèse.
C'est dans le laboratoire de zoologie de Montpellier, dirigé par le professeur Dubosc, que Grassé commença sa carrière de chercheur. Le milieu scientifique dans lequel il se trouvait et assurément ses goûts personnels l'amenèrent à étudier les protozoaires, des êtres unicellulaires, donc les organismes les plus simples du règne animal, mais qui soulèvent de passionnants problèmes. Il a apporté une contribution fondamentale à la systématique de certains groupes, les sporozoaires par exemple ; il a retracé le cycle évolutif de plusieurs formes de flagellés et étudié leurs structures et leur ultrastructure.
L'observation de l'animal en action, la possibilité de le soumettre à l'expérimentation ont toujours constitué, pour Grassé (avec, comme fil conducteur, les principes transformistes […]
