Savant hors pair, Pierre-Paul Grassé, né à Périgueux le 27 novembre 1895, fut un des rares naturalistes à qui n'échappa aucun domaine du monde vivant, aucun problème que celui-ci soulève. Ce qui caractérise son œuvre si diverse, ce qui en fait l'originalité et en souligne la profondeur, c'est que toujours, à l'arrière-plan de la question étudiée, se rencontre la préoccupation de synthèse.
C'est dans le laboratoire de zoologie de Montpellier, dirigé par le professeur Dubosc, que Grassé commença sa carrière de chercheur. Le milieu scientifique dans lequel il se trouvait et assurément ses goûts personnels l'amenèrent à étudier les protozoaires, des êtres unicellulaires, donc les organismes les plus simples du règne animal, mais qui soulèvent de passionnants problèmes. Il a apporté une contribution fondamentale à la systématique de certains groupes, les sporozoaires par exemple ; il a retracé le cycle évolutif de plusieurs formes de flagellés et étudié leurs structures et leur ultrastructure.
L'observation de l'animal en action, la possibilité de le soumettre à l'expérimentation ont toujours constitué, pour Grassé (avec, comme fil conducteur, les principes transformistes) une voie de recherche qu'il a suivie tout au long de sa carrière. Les animaux sociaux constituent son matériel de prédilection. Ils posent de multiples problèmes et se prêtent aisément à l'expérimentation ; c'est en particulier le cas des termites. Chez les insectes, l'état social atteint le maximum de complexité. Pour les observer dans leur milieu et leur organisation sociale, Grassé a entrepris trois grands voyages en Afrique, continent spécialement riche en termites, visitant successivement le Sahara, l'Afrique occidentale (Niger, Haute-Volta, Côte-d'Ivoire et Guinée), l'Afrique équatoriale (Tchad, Oubangui).
Il a ainsi rénové une grande partie de la systématique de ces insectes : il a décrit les curieux aspects de leur sexualité qui offre des caractères que l'on ne rencontre dans aucun autre groupe du règne animal ; […]
… pour nos abonnés, l'article se prolonge sur 2 pages…



