3. Plénitude de Claudel
• L'homme moderne
Un poète, disait Claudel à Amrouche, « ne fait guère que développer un dessein préétabli ». Ce dessein, qui transparaît dans toute l'œuvre, n'est autre, ici, que la conquête du monde par l'homme et son intelligence. C'est lui qui fait de Claudel l'écrivain de sa génération le plus profondément ancré dans le xxe siècle, un poète pour qui la nature et l'histoire ne sont pas faites pour être subies mais domptées. « Il n'est, écrit si justement Maurice Blanchot, ni l'homme de la Renaissance, heureux d'être un moi éclatant et passager, encore moins le romantique qui se contente de désirer en vain et d'aspirer sans fruit. Il est l'homme moderne, celui qui n'est sûr que de ce qu'il touche, ne s'occupe pas de soi, mais de ce qu'il fait, ne veut pas de rêves, mais des résultats, pour qui rien ne compte que l'œuvre et la plénitude décisive de l'œuvre. »
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