Réalité structurelle de la finance mondialisée contemporaine, les paradis fiscaux et bancaires alimentent plus souvent la rubrique des scandales que celle de l'économie. Les économistes n'aiment guère évoquer ces places offshore (littéralement « loin du rivage ») où la globalisation libérale organise les dérogations à ses propres principes. Les États et les organisations internationales n'ont cependant pas pu se désintéresser complètement de leurs effets perturbateurs, tant les disparités et les distorsions que causent ces places financières sont devenues préoccupantes pour l'équilibre économique et financier mondial. Cela étant, malgré les intentions de lutter contre le financement du terrorisme affichées depuis le 11 septembre 2001, seuls les paradis fiscaux et bancaires les plus sulfureux ont été inquiétés. Les autres ont pris des engagements internationaux plus ou moins sincères, suffisants pour faire baisser la pression internationale qui s'est exercée sur eux.
Par les avantages fiscaux qu'elles offrent, ces places financières faussent les lois de la concurrence dans les échanges internationaux. L'absence de contrôle exercé par les autorités hébergeantes, le caractère secret et quasi instantané des opérations accentuent la volatilité des marchés et font des paradis fiscaux et bancaires un facteur de risque systémique pour l'économie. Leur poids dans l'ensemble du système financier est en effet sans commune mesure avec leur importance politique et géographique. Ce sont plus de 30 p. 100 des investissements directs à l'étranger des multinationales qui seraient à destination des paradis fiscaux et bancaires. Bien entendu, ces investissements ne font, pour la plupart d'entre eux, que transiter par ces places opaques et les statistiques ne rendent pas compte de leurs véritables destinations.
Plus largement, on estime actuellement que la moitié de la finance mondiale passe par les paradis fiscaux et bancaires. Et malgré les efforts faits par les organisations internationales (O.C.D.E., Gafi, F.M.I., […]
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