Maladie la plus répandue dans le monde, le paludisme est une affection parasitaire fébrile, due à un protozoaire, l'hématozoaire de Laveran, transmis à l'homme par la piqûre d'un moustique du genre Anophèle. Selon les estimations de l'Organisation mondiale de la santé, plus de 500 millions de personnes étaient atteintes par cette maladie à la fin du xxe siècle et plus d'1 million en meurent chaque année.
On a retrouvé des descriptions du paludisme, ou malaria, dans les écrits les plus anciens : fièvres intermittentes des terres humides ou inondées (palus, marais) et des régions où l'air est vicié (mal aria). L'ère thérapeutique débute en 1630 avec la découverte par don Francisco Lopez des vertus curatives de l'écorce du quinquina, dont les chimistes français J. Pelletier et J. Caventou devaient isoler la quinine près de deux siècles plus tard. Un médecin militaire français, Alphonse Laveran, met en évidence à Constantine, en 1880, l'agent de la maladie au sein des globules rouges. Depuis plusieurs décennies, la bataille pour l'éradication de la maladie engagée par l'Organisation mondiale de la santé n'a encore obtenu que des résultats non décisifs. Le vaccin du Colombien Patarroyo, testé en Tanzanie sur près de six cents enfants en 1993, n'a pu immuniser que 30 p. 100 d'entre eux.
Le paludisme demeure donc la première cause « infectieuse » de mortalité :
– l'endémie palustre est souvent accrue par la « mise en valeur » des régions chaudes ;
– des moustiques vecteurs sont devenus résistants aux insecticides de contact ;
– les médicaments antipaludiques sont mis en échec par l'acquisition de résistance chez le parasite.
1. L'agent pathogène
Trois espèces parasitaires sont pathogènes pour l'homme : Plasmodium vivax (le plus fréquent), Plasmodium falciparum (le plus dangereux) et Plasmodium malariae (le plus rare). Une quatrième variété, Plasmodium ovale, est d'un intérêt contingent. Tous subissent un cycle complexe et nécessaire à leur survie : asexué chez l'homme ou schizogonie, sexué chez le moustique ou sporogonie (fig. 1)[…]
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