Médecin militaire français connu pour ses travaux sur le paludisme, Laveran étudie la médecine à Strasbourg (thèse de doctorat en 1867 : Recherches expérimentales sur la régénération des nerfs), puis il prend part à la guerre franco-allemande de 1870 (Metz). Professeur agrégé au Val-de-Grâce (1874), il est envoyé quatre ans plus tard en Algérie, à Bône, puis à Constantine. Là il observe, dans les capillaires du foie et des centres cérébro-spinaux des cadavres de paludéens, la formation d'un pigment noir. Il retrouve ce pigment dans le sang des paludéens (mélanémie), et incrimine un parasite dont il étudie l'évolution : il montre que les crises de paludisme correspondent aux différentes phases du cycle du parasite. Le 28 novembre 1880, il présente ses résultats à l'Académie de médecine qui les accueille avec scepticisme, car, à cette époque, on considérait que les maladies contagieuses sont causées par des bactéries, et non par des parasites. De retour à Paris, en 1884, il prend la chaire d'hygiène au Val-de-Grâce, mais il ne cesse de travailler sur l'hématozoaire du paludisme dont il découvre la transmission d'un homme malade à un homme sain par le moustique, ce que le médecin militaire anglais R. Ross confirmera en 1898 en retrouvant des hématozoaires dans le corps des moustiques. Un matin de 1884, il vient chercher Pasteur et Roux au laboratoire de la rue d'Ulm et les conduit au Val-de-Grâce où il leur montre, dans un frottis de sang frais d'un paludéen hospitalisé, l'hématozoaire parasite responsable. Convaincus, les pasteuriens l'encouragent et, lorsqu'en 1897 Laveran quitte le Val-de-Grâce et l'armée, il entre à l'Institut Pasteur où, en 1907, il consacre le montant de son prix Nobel à bâtir et installer un laboratoire qui porte encore son nom.
Ses travaux ont porté notamment sur la maladie du sommeil (Les Trypanosomes et les trypanosomiases, 1904), les leishmanioses, l'hygiène (Traité d'hygiène militaire, 1896), la malaria (Traité des fièvres palustres, 1884 ; Du paludisme et de son hématozoaire, 1891 ; Traité du paludisme, 1898). En 1908, il fonde la Société de pathologie exotique. Durant la Première Guerre mondiale, il indique les prescriptions prophylactiques contre le paludisme dont souffre l'armée engagée sur le front de Macédoine.
Jacqueline BROSSOLET
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