
Chimiste allemand, lauréat du prix Nobel (1944) pour ses travaux sur la fission de l'uranium.
Né à Francfort, il fait ses études universitaires à Marburg, puis à Munich, où il obtient son doctorat en 1901. Il deviendra le plus grand radiochimiste de l'Allemagne. Tôt attiré par la chimie des radioéléments, il se rend à Londres au laboratoire de William Ramsay (1904-1905), puis chez Rutherford, qui dirige un institut à Montréal. À son retour en Allemagne, il travaille tout d'abord dans le laboratoire de chimie d'Emil Fischer, à l'université de Berlin, puis, à partir de 1912, au Kaiser Wilhelm Institut de Berlin, dont il deviendra le directeur (1928-1944). C'est en 1907 que débute la collaboration de Hahn et de Lise Meitner, la physicienne attachée au groupe de Fischer ; elle se prolongera jusqu'en 1938, le régime hitlérien obligeant alors Meitner à s'expatrier.
La carrière scientifique de Hahn est marquée par la découverte du radiothorium, du mésothorium, du protactinium (1917, avec Lise Meitner) et par la découverte de la fission de l'uranium et du thorium (avec Fritz Strassmann, 1938), fission qui est à la base des méthodes actuelles d'obtention de l'énergie nucléaire et du développement de la bombe atomique. Otto Hahn pressent alors la possibilité de l'application de sa découverte à des fins militaires tout en espérant — comme en témoignent ses publications — que celle-ci soit irréalisable. Après la Seconde Guerre mondiale, il se rend à Göttingen, où il restera jusqu'à sa mort, et devient président de l'institut Max-Planck de Göttingen, homologue du Kaiser Wilhelm pour l'Allemagne de l'Ouest.
En avril 1957, dans une déclaration signée par dix sept autres physiciens de l'Allemagne fédérale, il se refuse à coopérer de quelque manière que ce soit au développement des armes atomiques et soutient l'appel d'Albert Schweitzer à l'opinion mondiale en faveur de la cessation des essais nucléaires.
Les écrits de Hahn comprennent : Applied Radiochemistry (1936) ; Künstliche Atomumwandlungen und die Spaltung schwerer Kerne (1944) ; Die Kettenreaction des Urans und ihre Bedeutung (1948) ; Die Nutzbarmachung der Energie der Atomkerne (1950) ; New Atoms (1950) ; Cobalt 60 (1955).
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