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MORETTI NANNI (1953- )

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Journal intime, N. Moretti

Dans un cinéma italien en déclin depuis le milieu des années 1980, Nanni Moretti renoue les fils distendus entre le néo-réalisme et la comédie à l'italienne, entre l'impudeur intime de Rossellini et l'ironie parfois cruelle qui caractérise le meilleur d'un genre usé. Son œuvre constitue également une véritable radiographie de l'évolution de la société italienne entre la fin des années 1970 et le tournant du xxie siècle.

1.  Création d'un personnage

Passionné de cinéma, Nanni Moretti, né Giovanni Moretti le 19 août 1953 à Brunico, dans le Trentin (Italie), fils d'enseignants sans liens avec le monde du cinéma, rejette le métier d'assistant, qui, selon lui, le mènerait au statut de cinéaste « professionnel », c'est-à-dire « impersonnel ». Trop autodidacte pour accéder aux écoles de cinéma, il lui reste la solution de l'amateurisme : tourner en super-8. Il sera le scénariste, le réalisateur, le chef opérateur, le preneur de son et le monteur (voire le projectionniste) de ses premiers courts-métrages, tournés en 1973, La Sconfitta et Pâté de bourgeois. Ce manque de moyens l'a mis sur la voie d'un « cinéma simple » sans être « simpliste ou banal ». C'est ainsi que Io sono un autarcico (Je suis un autarcique, 1976), long-métrage en super-8 (« gonflé » ensuite en 16 mm), remporte un succès inattendu en Italie, puis en France. L'œuvre ultérieure de Moretti est déjà contenue tout entière dans ce film au titre révélateur. Son personnage : Michele Apicella, que Moretti interprétera de film en film, en est déjà le centre. Au narcissisme du cinéaste répond l'exacerbation du moi de l'acteur-personnage. En plein recul des valeurs politiques qui avaient marqué les événements de 1968 en Italie comme en France, Moretti, dans ce film, comme plus tard dans Ecce Bombo (1978) et Sogni d'oro (1981), se dit ouvertement « de gauche » et ironise sur la gauche. Non sur ses valeurs, mais sur les gens de gauche, leurs travers, leurs faiblesses. Comme Woody Allen (mais la comparaison s'arrête là), Mic […]

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« MORETTI NANNI (1953- ) » est également traité dans :

APRILE (N. Moretti)

Écrit par :  Jean A. GILI

Projeté au festival de Cannes en mai 1998, le neuvième film de Nanni Moretti, Aprile, poursuit, quatre ans après Journal intime, une veine d'autobiographie directe où le cinéaste apparaît à l'écran sous son vrai nom et sous une personnalité à peine travestie par les besoins du tournage et les exigences d'une fiction minimaliste.… Lire la suite
LE CAÏMAN (N. Moretti)

Écrit par :  Jean A. GILI

Après La Chambre du fils, palme d'or au festival de Cannes en 2001, Nanni Moretti s'accorde un moment de réflexion. S'investissant dans l'activité politique – dans le film d'Ettore Scola, Gente di Roma (2004), on le voit prendre la parole lors du grand rassemblement populaire de septembre 2002, piazza San Giovanni –, le cinéaste… Lire la suite
LA CHAMBRE DU FILS (N. Moretti)

Écrit par :  Jean A. GILI

Trois ans après Aprile présenté au festival de Cannes en 1998, sept ans après Journal intime qui obtint le prix de la mise en scène en 1994, La Chambre du fils a apporté à Nanni Moretti la palme d'or du festival de Cannes 2001. Le film surprend par la rupture brutale que l'auteur introduit avec la veine autobiographique… Lire la suite
CINÉMA (Aspects généraux) - Histoire

Écrit par :  Marc CERISUELOJean COLLETClaude-Jean PHILIPPE

Dans le chapitre "Le cinéma italien"  : …  bien que leur possibilité ait disparu avec leur auteur, Luchino Visconti (1906-1976). L'œuvre de* Nanni Moretti, né en 1953, a permis aux amateurs de ce cinéma d'entamer un travail de deuil d'autant plus pénible que le cinéaste-acteur, loin de panser leurs plaies, prend un plaisir masochiste – et bien sûr narcissique – à les rouvrir. Après ses… Lire la suite
COMÉDIE ITALIENNE, cinéma

Écrit par :  Jean A. GILIGérard LEGRAND

Dans le chapitre "La comédie, un genre en crise ?"  : …  gants (1991), Luna e l'altra (1996), une veine humoristique d'une grande originalité. *Il faut réserver une place à part à Nanni Moretti, le surdoué de sa génération, la conscience du cinéma italien contemporain. De Je suis un autarcique (1976) à La Chambre du fils (2001) en passant par Ecce BomboBiancaLire la suite
ITALIE - Le cinéma

Écrit par :  Jean A. GILI

Dans le chapitre "Le temps présent, entre mémoire et oubli"  : …  vrai qu'au répertoire des auteurs incontestés on ne peut noter qu'une seule révélation, celle de *Nanni Moretti à partir de 1976, avec la surprise que constitua Io sono un autarchico (Je suis un autarcique), film à tout petit budget tourné en super-8. Moretti allait par la suite confirmer l'originalité de son talent (Lire la suite

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