Né en 1959 à Naples, Mario Martone connaît d'abord une longue expérience de metteur en scène de théâtre à la tête d'une compagnie qu'il crée en 1979, Falso Movimento. À l'origine de la fondation de Teatri Uniti, il poursuit ses recherches expressives en montant des pièces où passe son amour pour le cinéma (Ritorno ad Alphaville, 1986), avant de découvrir la mise en scène cinématographique et d'y consacrer son énergie, en alternance avec le théâtre. Son premier long-métrage, Mort d'un mathématicien napolitain qui évoque le suicide du mathématicien Renato Caccioppoli, petit-fils de Bakounine, révèle un talent de dramaturge et d'observateur des fêlures existentielles dans le chaudron incandescent de l'univers culturel napolitain. Ce film lui vaut d'obtenir le prix spécial du jury du festival de Venise, en 1992. Après d'autres expériences en vidéo et sur pellicule et la poursuite de son travail avec la compagnie Teatri Uniti, Martone confirme en 1995, avec L'Amour meurtri, une inspiration exigeante, qui fait de lui un des cinéastes italiens les plus doués de sa génération. Il trouve en Anna Bonaiuto une interprète émouvante pour un rôle de jeune femme ne parvenant pas à se libérer d'un traumatisme de l'enfance.
Teatro di guerra (1998) prolonge une recherche mêlant expérience théâtrale – le film montre la préparation d'un spectacle que Mario Martone a réellement mis en scène en 1996, Les Sept contre Thèbes d'Eschyle – et réflexion sur le rôle du cinéma dans la mise à nu du drame napolitain comme écho de la tragédie bosniaque. Car Teatro di guerra pose la question fondamentale : que peut le spectacle – le théâtre, le cinéma – face à la guerre ? Que peut l'art face à la barbarie ? Tout et rien à la fois.
Produit avec peu de moyens, tourné en super-16 pendant deux ans au rythme du travail théâtral, le film, censé se passer en 1994, fait alterner les séquences de répétition de la troupe qui prépare le spectacle destiné à la Bosnie et le bouillonnement de la cité parthénopéenn […]
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