L'intérêt que l'on porte au moulage est dû à la fragilité des originaux. L'usure, par les agents atmosphériques, des pièces exposées à l'extérieur jointe à celle des phénomènes de pollution dans les villes ont en effet accéléré les processus de dégradation. On a remplacé par des moulages les statues de l'Érechthéion – les célèbres Caryatides de l'Acropole –, les restes du fronton ouest du Parthénon, les reliefs de la cathédrale de Reims et, place de la Concorde à Paris, les chevaux de Marly.
En Grèce, un débat public a posé la question de savoir jusqu'à quel point on pouvait se sentir autorisé à dénaturer l'aspect « authentique » d'un monument. A-t-on le droit de remplacer par une copie une colonne de l'Érechthéion emportée par lord Elgin au début du xixe siècle et de modifier ainsi l'aspect du bâtiment tel qu'on le connaît depuis plus d'un siècle et demi ? Il est vrai que, si les techniques pour prendre les empreintes ont fait de grands progrès, les recherches sur les matériaux avec lesquels on tire les moulages sont sans doute moins avancées : les Caryatides sont aujourd'hui en ciment, et cela se voit ! Le moulage joue aussi un rôle de substitut pour […]
