3. La première guerre mithridatique (89 ou 88-85 av. J.-C.)
En janvier 88 avant J.-C., les Romains chargèrent le consul Sylla de chasser Mithridate de Grèce et d'Asie ; mais les intrigues de Marius retardèrent son départ de plus d'une année. Mithridate eut donc les mains libres et, pour écraser toute résistance, il fit massacrer à la fin du printemps les Romains résidant en Asie – plusieurs milliers – avec leurs familles. Puis il attaqua Rhodes, où s'étaient réfugiés les Romains rescapés. Ce fut un échec, qu'il tenta de réparer en envoyant Archélaos en Grèce (automne 88 av. J.-C.). Ce général soumit les Cyclades et l'Eubée, dont il fit sa base. Puis, Athènes ayant épousé la cause de Mithridate, Archélaos installa une garnison au Pirée. Seules résistèrent quelques cités, comme Thespies, où résidaient de nombreux Italiens. À la fin de 88 avant J.-C., les Romains, sur la défensive, ne tenaient plus que la Macédoine.
Au printemps de 87 avant J.-C., tandis que d'autres forces pontiques passaient en Thrace, Sylla débarqua en Grèce et mit le siège devant Athènes et le Pirée, opiniâtrement défendus par Archélaos. Enfin, le 1er mars 86 avant J.-C., Sylla s'empara d'Athènes, obligeant peu après Archéalos à évacuer le Pirée. Les deux adversaires remontèrent vers la Thessalie, Archélaos voulant joindre ses forces à celles qui avaient envahi la Macédoine et Sylla opérer sa jonction avec les renforts que lui amenait Hortensius. L'affrontement eut lieu à Chéronée (été 86 av. J.-C.) où Sylla remporta une écrasante victoire, qu'il ne put exploiter : il n'avait pas de navires pour passer en Asie et devait se garder du consul Flaccus, partisan de Marius.
Sitôt connue en Asie, la défaite de Chéronée ébranla l'autorité de Mithridate dont les rigueurs policières indisposèrent les Galates et la bourgeoisie grecque. Ces défections ne furent pas compensées par l'appui des pauvres et des esclaves, auxquels il accorda des remises de dettes et la liberté. Il recruta néanmoins une nouvelle armée, que Dorylaos conduisit à Archélaos. Elle fut vaincue à Orchomène (automne 86 av. J.-C.) tandis qu'au printemps suivant le marianiste Fimbria, qui avait évincé Flaccus, recouvrait une grande partie de l'Asie. N'ayant plus d'autre issue que la diplomatie, Mithridate profita des dissensions entre Romains (préliminaires de Délion et conférence de Dardanos, en Troade) : pactisant avec Sylla, Mithridate promit d'évacuer ses conquêtes et fournit au Romain les moyens dont il avait besoin pour regagner l'Italie. Isolé, Fimbria se suicida (fin de l'été 85 av. J.-C.).
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