Depuis toujours, les hommes se sont déplacés : le peuplement de la Terre reflète l'histoire de leurs déplacements. L'essor des moyens de communication et la croissance de la population ont accru, depuis le xvie siècle, l'ampleur de ces mouvements migratoires. Sans parler des migrations internes souvent considérables qui se produisent à l'intérieur même des États, les guerres, les crises politiques ou les difficultés économiques mettent en marche, chaque année, en tous sens, par-delà les frontières de leur pays et par-delà les continents, des centaines de milliers, et même des millions d'individus. Ces mouvements n'obéissent pas au hasard ; ils ont des causes et entraînent des conséquences parfaitement décelables. À chaque époque, ils revêtent des caractères et empruntent des directions correspondant aux circonstances du moment.
Le xxe siècle a connu un renversement complet des flux migratoires. Ce ne sont plus avant tout les pays avancés et colonisateurs d'Europe qui voient partir le surplus de leur population vers des territoires moins peuplés ; ce sont désormais les anciens pays colonisés, et plus largement les pays du Sud, dont un […]
