Georg Simmel est, avec Max Weber, une des figures les plus importantes de la sociologie allemande classique, ces deux auteurs ayant, sur bien des points essentiels, une conception semblable de la sociologie.
Simmel est surtout connu comme le promoteur de la sociologie « formelle », une notion souvent mal comprise bien qu'elle soit à la fois claire, fondamentale et très généralement acceptée dans les sciences sociales contemporaines. Il l'est aussi pour avoir été un des fondateurs de la psychologie sociale.
Mais Simmel est d'abord – et c'est une priorité qu'il partage avec Weber – un des pionniers de la sociologie de l'action, dont il a parfaitement dessiné les fondements et les contours dans ses travaux épistémologiques. C'est cette orientation qu'il a donnée à ses études « macrosociologiques », ainsi qu'à celles – plus connues parce que plus accessibles – consacrées à la « sociologie de la vie quotidienne ».
1. Les fondements de la sociologie « formelle »
Très célèbre de son vivant et jusqu'à la Seconde Guerre mondiale, Simmel a subi, en France surtout, une éclipse d'une vingtaine d'années, éclipse qui, comme celle de Weber d'ailleurs, trouve sa principale explication dans le fait que son œuvre ressortit à ce qu'on appelle souvent la sociologie de l'action. Or les principes de celle-ci sont peu compatibles avec les mouvements d'idées qui, comme le structuralisme et le néo-marxisme, ont exercé une influence importante entre 1960 et la fin des années soixante-dix.
Une autre raison de la difficulté d'accès que l'œuvre de Simmel paraît opposer au lecteur contemporain réside dans son caractère interdisciplinaire. Certains de ses livres comme les Problèmes de philosophie de l'histoire et une partie de Questions fondamentales de la sociologie concernent la philosophie des sciences sociales. D'autres, comme la Philosophie de l'argent, traitent de sujets macrosociologiques, en ignorant d'ailleurs les frontières entre sociologie et économie. Plusieurs de ses ouvrages enfin, ceux qui sont les plus connus, r […]
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