On a appelé Max Ernst le « Léonard du surréalisme ». Il ressemble en effet au grand Florentin par l'étendue de sa culture, par ses multiples intérêts (philosophiques, mathématiques, littéraires), comme par sa volonté de tout expérimenter, de tout connaître. Peintre, sculpteur, poète et essayiste, il a créé une œuvre à sa mesure. Imbu d'art ancien et contemporain, grand lecteur des écrivains de son pays natal, les romantiques allemands, de Nietzsche et de Freud, il découvrit très tôt l'art des malades mentaux, et éprouva le besoin impérieux d'élargir l'expression artistique, en l'ouvrant au foisonnement de l'inconscient, aux archétypes et aux mythes. Max Ernst dépasse les limites de la peinture purement descriptive ou abstraite en même temps qu'il en renouvelle les techniques. Par l'utilisation du collage, du frottage et de l'assemblage, il a conquis la liberté d'aller « au-delà de la peinture », et créé une nouvelle iconographie, capable de transcrire les rêves, les angoisses et les aventures de l'homme moderne.
1. Peintures et collages
Max Ernst est né à Brühl (Rhénanie) en 1891. Pendant ses études de philosophie et de psychologie à l'université de Bonn, il rencontre August Macke et Hans Arp. En 1913 il fait un séjour à Paris. Après la guerre, il participe au mouvement dada à Cologne, devient l'ami de Paul Eluard et s'installe en France en 1922. De 1924 à 1938, il est membre du groupe surréaliste. Puis, en 1938, il se retire à Saint-Martin-d'Ardèche, où il décore sa maison de sculptures. Max Ernst est interné au début de la guerre dans un camp en France ; en 1941, il se réfugie aux États-Unis où il devient citoyen américain. Il vit à New York, ensuite à Sedona (Arizona). En 1949, Ernst rentre en Europe et reçoit cinq ans plus tard le Grand Prix de peinture à la Biennale de Venise. En 1958 il est naturalisé français. Différentes rétrospectives à Brühl (1951), Berne (1956), Paris (1959), Londres (1961), Cologne-Zurich (1962-1963), New York-Venise (1966), Stockholm-Amsterdam-Stuttgart (1969), Londres-Paris (1991-1992) lui sont consacrées.
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