3. Les tensions sociales et ethniques
Les oppositions sociales, ethniques et politiques demeurent un trait marquant de l'histoire de la colonie durant le xixe siècle et la première moitié du xxe siècle. La classe des « grands blancs » d'origine créole, installée dans l'île depuis les débuts de la colonisation, appelée les Békés, a jalousement conservé ses grandes propriétés rurales et maintenu son contrôle sur le commerce. Des révoltes menées par des esclaves ou des hommes de couleur libres secouent la colonie en 1823 et en 1838. Elles sont durement réprimées. Après l'abolition de l'esclavage en mai 1848, de nombreux anciens esclaves quittent les plantations et défrichent de petits lopins de terre pour y développer une agriculture vivrière. Ce mouvement entraîne la constitution d'un paysannat fragile. Par ailleurs, un syndicalisme ouvrier très actif se développe dans les usines sucrières et les distilleries. Les luttes se cristallisent souvent autour des élections des députés de l'Assemblée nationale, tenues dès 1848 avec l'adoption du suffrage universel et organisées régulièrement sous la IIIe République. Les trois groupes des Blancs, des mulâtres et des Noirs doivent chercher des compromis sur le plan politique car ils partagent, paradoxalement, une même culture, marquée par la langue créole et des traditions telles que les festivités du carnaval.
[…]… pour nos abonnés, l'article se prolonge sur 4 pages…



