2. Le désir d'être actrice
Mais Marilyn Monroe ne se satisfait pas de cet amour superficiel et de cette gloire qu'elle pressent éphémère. Elle veut qu'on l'aime pour son intelligence, pour son âme, pour son talent d'actrice. La plus grande star du moment se faufile dans les derniers rangs des cours de Lee Strasberg à l'Actors Studio de New York et apprend son métier avec le dévouement appliqué d'une bûcheuse. Avec Sept Ans de réflexion (The Seven Year Itch, Billy Wilder, 1955), elle paraît pourtant continuer à exploiter le sillon charmeur des Hommes préfèrent les blondes. Le film est un immense succès, même si celui-ci trouve peut-être son origine dans un malentendu (la presse utilisa copieusement le plan, absent du film, où sa robe plissée s'enfle comme un parachute sous l'action du déplacement d'air d'une bouche de métro).
Marilyn Monroe continue à travailler dur, à lire, à apprendre. En 1956, elle épouse l'écrivain Arthur Miller, symbole même de l'intellectuel américain, qui est alors mis au ban par le maccarthysme. C'est afin de prouver son talent d'actrice qu'elle utilise toute son influence pour que la Fox s'assure les droits de la pièce à succès de William Inge, Arrêt d'autobus (Bus Stop, Joshuah Logan, 1956). Le rôle de Chérie, artiste de cabaret minable qui n'a de cesse qu'un cow-boy un peu niais l'aime pour autre chose que ses formes, semble fait pour elle. L'actrice en fait un triomphe : qu'elle se montre avec un maquillage blafard sous les projecteurs violacés du cabaret, ou presque sans maquillage, coincée par une tempête de neige dans une taverne éloigné de tout, c'est bien l'âme du personnage qu'elle réussit à exprimer. Sa gestuelle fébrile, les trémolos de sa voix sont autant les siens que ceux du personnage.
Après avoir prouvé ce qu'elle souhaitait, Marilyn Monroe devient sa propre productrice et s'offre le luxe de se faire diriger par l'illustre Laurence Olivier. Le Prince et la danseuse (The Prince and the Showgirl, 1957) est paradoxalement une bluette, exactement le genre de f […]
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