Interprète de théâtre
comme de cinéma, metteur en scène et réalisateur de films, Laurence Olivier
est considéré comme le plus illustre des acteurs d'expression anglaise de son temps. Il est le premier membre de cette corporation à être élevé à la dignité de pair à vie. Artiste professionnel dès 1926, il rejoint en 1937 la compagnie de l'Old Vic Theatre de Londres où il assure avec brio divers rôles shakespeariens, notamment celui d'Hamlet (avec, dans le rôle d'Ophélie, Vivien Leigh qui devait devenir sa femme) dans le cadre du château d'Elseneur, après une série de films qu'il interprète à Hollywood : Les Hauts de Hurlevent (1939), Rebecca (1940)
et Orgueil et préjugé (1940). C'est encore Shakespeare qu'il sert pour le septième art en transposant à l'écran Henri V (1944), Hamlet (1948), Richard III (1956) et Othello (1965), dans lesquels il incarne lui-même le héros.
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Laurence Olivier Laurence Olivier (1907-1989), dans le rôle de Macbeth, 1955. Shakespeare Centre Library, Stratford-upon-Avon.
Crédits: Istituto Geografico De Agostini Consulter
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Marilyn Monroe et Laurence Olivier Marilyn Monroe et Laurence Olivier au Savoy Hotel, à Londres, lors d'une conférence de presse, en 1956, avant le début du tournage du film Le Prince et la danseuse.
Crédits: Hulton Getty Consulter
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Rebecca, d'Alfred Hitchcock Joan Fontaine et Laurence Olivier dans Rebecca (1940), d'Alfred Hitchcock.
Crédits: Twentieth Century-Fox Film Corporation/ Collection privée Consulter
Sa carrière de cinéaste se poursuit de pair avec celle d'homme de théâtre. Codirecteur de l'Old Vic avec sir Ralph Richardson, il contribue avec lui à la renaissance de cette illustre formation de 1944 à 1950. À partir de 1950, il dirige et joue dans ses propres mises en scène. Directeur de la National Company en 1962, il met en scène tout un éventail de pièces allant des farces de Feydeau aux tragédies de Strindberg. En 1970, il mène cette compagnie aux États-Unis, comme il l'avait fait en 1946 pour l'Old Vic, et ce fut chaque fois une tournée triomphale.
Le cinéaste a une réputation surfaite : son Hamlet trahit le texte par d'inexcusables suppressions, son Henri V n'est qu'une enluminure, et partout « sir Laurence » étale son vedettariat. Ce défaut se change en qualité, l'âge venant : Laurence Olivier campe une série d'agréables ou d'odieux coquins dans les films d'autrui, et là, son cabotinage fait merveille. Il n'aura eu que le tort d'avoir appliqué son intelligence et son talent à une lecture « passéiste » qui ne donne qu'une image étriquée du génie de Shakespeare.
Michèle GRANDIN
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